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Les introvertis et les extravertis face au confinement

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L’augmentation de la détresse psychologique est une réalité incontournable dans le contexte de la pandémie. Dans différents médias et revues scientifiques, on s’est demandé si les introvertis parvenaient à mieux s’adapter au confinement et à l’isolement que les extravertis.  

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On connaît tous des personnes extraverties, qui ne passent pas inaperçues, sont prêtes à s’exprimer, discuter et poser des questions, participer à une foule d’activités, faire des blagues, etc. 

Au début de la pandémie, on pouvait être portés à croire que les extravertis seraient les plus touchés par le confinement et feraient face à un choc plus important. 

Après tout, ceux-ci ont généralement un plus grand besoin de contacts sociaux, et ces échanges se trouvent limités de façon non seulement importante, mais aussi de façon involontaire durant le confinement. 

Quant aux introvertis, comme ils ont un moins grand besoin d’interactions sociales de façon générale et apprécient plus souvent le calme et la solitude, on pourrait être tentés de penser qu’ils pourraient mieux tolérer le confinement, étant déjà habitués à passer plus de temps seuls. Des scientifiques ont voulu mettre ces hypothèses à l’épreuve.

Des résultats étonnants... à mettre en perspective

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser intuitivement, les résultats d’une étude publiée en septembre dernier ont plutôt révélé que les plus introvertis souffraient davantage de la solitude dans le contexte d’isolement social actuel et rapportaient davantage de problèmes d’anxiété et de dépression que les plus extravertis. 

Les extravertis extériorisent généralement davantage leurs préoccupations pour s’adapter à la situation actuelle, en sollicitant notamment leurs amis et en verbalisant leurs inquiétudes. Ceci leur permettrait donc d’aborder et de mieux gérer leurs enjeux psychologiques, et ce, malgré le confinement. 

Ce sont donc les extravertis qui seraient les mieux équipés pour faire face à l’isolement et qui présenteraient moins de problèmes de santé mentale dans ce contexte d’isolement social.

Quant aux introvertis, si le repli sur soi qu’ils peuvent privilégier permet de gérer les émotions, le stress, les aléas de la vie quotidienne et les émotions négatives, ces moments introspectifs peuvent aussi les rendre plus enclins aux ruminations et aux préoccupations anxieuses. 

De plus, les introvertis pourraient être moins spontanément portés à aller chercher de l’aide lorsqu’aux prises avec des émotions négatives. 

Des introvertis pourraient devenir en quelque sorte prisonniers de leur souffrance, sans voir d’issue vers le monde extérieur. Ces ruminations en présence d’émotions négatives persistantes dans le contexte pandémique peuvent augmenter l’anxiété et la dépression. 

Malgré les résultats de cette étude, il faudrait toutefois éviter de sauter trop vite aux conclusions et penser qu’une personne introvertie vivra plus difficilement le confinement qu’un extraverti.

Confinement et détresse psychologique

Il n’est pas possible de trancher la question aussi rapidement, car il faut tenir compte de nombreux autres facteurs et bien comprendre ce qui peut mener à la détresse psychologique chez chacun. 

Au-delà des traits d’introversion ou d’extraversion de chaque personne, il faut considérer plusieurs autres éléments, dont le contexte prolongé du confinement, la manière dont chacun affirme ses besoins sociaux et la capacité de s’adapter à cette situation sans précédent. 

Aussi, il est crucial de distinguer l’isolement imposé par les consignes sanitaires du sentiment de solitude vécu par chaque individu. 

Ces différents facteurs auront aussi une incidence sur la gestion et l’ampleur de l’anxiété et des idées dépressives.

Que faire ?

Il faut donc éviter le piège de tenir pour acquis qu’un proche, un ami ou une connaissance va bien ou non en raison de ses traits de personnalité. 

Nous faisons tous face à une période sans précédent qui nous demande de redéfinir et rééquilibrer nos besoins sociaux, jour après jour. 

Nous avons tous le désir et le besoin de nous sentir soutenus et entourés, plus que jamais, mais avec des restrictions imposées qui nous demandent de faire preuve de créativité. 

Il est essentiel de s’écouter et de reconnaître l’état de nos besoins sociaux. Dès le moindre ennui ou le moindre souci, ne pas hésiter, en aucun cas, à tendre une perche (ou en recevoir une !) à un ami pour que vous puissiez, l’un et l’autre, prendre votre « pouls social ». Délaisser nos ruminations au profit de liens sociaux – même à distance – sera fondamental pour les mois à venir.