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Une télé nationale

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Preuve que le Québec est bel et bien un pays, c’est qu’on a notre propre histoire de la télévision, qui n’a rien à voir avec celle du Canada (anglais). Et quelle histoire, entreprise il y a près de soixante-dix ans ! Avec nos propres auteurs, nos propres artistes, nos propres réalisateurs et techniciens, bref nos propres artisans, en lesquels nous nous sommes reconnus depuis les tout débuts de la télé au Québec. 

Les téléromans, œuvres de création d’auteurs d’ici, ont joué un rôle de premier plan dans cette reconnaissance du grand public, les énormes cotes d’écoute en faisant foi. « Pour plusieurs téléspectateurs, ces comédiens et comédiennes – Jean Coutu, Nicole Leblanc, Janine Sutto, Léo Ilial, Jean-Pierre Masson, Janette Bertrand, Amanda Alarie, Jean Besré, Jean Duceppe, Robert Gravel, Guylaine Tremblay, Guy Provost, Andrée Champagne et Rita Lafontaine – font presque partie de la famille. » 

<strong><em>Une histoire de la télévision au Québec</em><br>Sophie Imbeault</strong><br>Éditions Fides
Photo courtoisie
Une histoire de la télévision au Québec
Sophie Imbeault

Éditions Fides

Certains acteurs paieront le prix de cette trop grande popularité. D’autres comme Andrée Lachapelle ou Jean Gascon se feront connaître dans les télé-théâtres du dimanche soir, avec Les beaux dimanches. Henri Bergeron et Bernard Derome, pour leur part, seront longtemps identifiés comme la voix de Radio-Canada.

L’humour a aussi fait partie de cette grande reconnaissance culturelle. « La Petite Vie, Un gars, une fille et les Bye bye comptent parmi les plus grands succès télévisuels au Québec. » 

Le sport n’est pas à négliger et La soirée du hockey a longtemps été un incontournable du samedi soir avec la voix de René Lecavalier et nos héros populaires comme Maurice Richard, Guy Carbonneau et Guy Lafleur. Sans parler des matchs de lutte et des quilles du dimanche après-midi.

Au-delà du divertissement

Mais tout n’était pas que divertissement, nous dit l’auteure, et des journalistes chevronnés se sont fait connaître grâce au petit écran, comme René Lévesque, Pierre Nadeau, Aline Desjardins et Judith Jasmin, pour ne citer que ces quatre noms, en nous livrant semaine après semaine les principaux événements de la scène nationale et internationale.

D’ailleurs, à peine quatre ans après sa création, CBFT produit près de 75 % de son contenu audiovisuel. « Ceci fait que la province de Québec se classerait troisième au monde en matière de production d’émissions dès 1956. » 

Quatre grandes dates sont à retenir : 6 septembre 1952, l’entrée en ondes de Radio-Canada (CBFT), la chaîne d’État à Montréal, deux jours avant Toronto ; 19 février 1961, l’arrivée de Télé-Métropole, qu’on appelait canal 10 à l’époque pour le discerner du canal 2 (Radio-Canada) ; 1972, Radio-Québec (aujourd’hui Télé-Québec) est inauguré ; 1986, la seconde chaîne privée, Télé Quatre-Saisons, voit le jour.

De 1952 à aujourd’hui, la télévision n’a cessé de se transformer au plan technique, souligne l’auteure, passant du noir et blanc à la télé couleur, puis à la haute définition, à travers câbles et satellites, les grosses caméras faisant place à de l’équipement plus léger et plus souple. Son contenu s’est diversifié, avec toute une gamme de chaînes spécialisées et de réseaux de nouvelles en continu, vingt-quatre heures par jour.

L’historienne a su recréer l’ambiance des premiers moments de la naissance de la télévision à Montréal, où créateurs et techniciens partagent une même fébrilité. C’est tout simplement palpitant. Même si la nostalgie est au rendez-vous, les plus jeunes, qui n’ont pas connu cette époque, seront tout aussi comblés. Cette histoire de notre télévision se lit comme une belle aventure consignée dans un scrapbook, rempli de photos et de publicités d’époque.