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Kirghizstan: manifestation contre des amendements à la Constitution

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Des centaines de personnes ont manifesté dimanche dans le centre de Bichkek, la capitale du Kirghizstan, pour protester contre un projet de révision de la Constitution visant à renforcer les pouvoirs du président dans ce pays d’Asie centrale. 

Ces amendements, qui font l’objet de discussions publiques, sont notamment destinés à redonner au chef de l’État le droit de nommer le gouvernement [c’est actuellement une prérogative du Parlement] et à annuler l’interdiction faite d’effectuer plus d’un mandat à ce poste.

Les initiateurs de ces modifications dans la Constitution proposent de les soumettre à un référendum le 10 janvier, le jour même où aura lieu la présidentielle au Kirghizstan.

Les amendements sont activement soutenus par Sadyr Japarov, le premier ministre et président par intérim qui a démissionné la semaine dernière pour se porter candidat à cette élection.

La Constitution actuelle interdit à un chef de l’État sortant ou à un premier ministre en exercice de briguer la magistrature suprême.

Sadyr Japarov, un populiste, a profité du chaos ayant suivi les législatives du 4 octobre pour se propulser au pouvoir.

Ces élections remportées par des formations proches du président d’alors, Sooronbaï Jeenbekov, avaient été contestées par l’opposition et suivies de heurts qui avaient fait un mort et 1200 blessés.

Le résultat du scrutin a été annulé et M. Jeenbekov a dû démissionner. Il a été remplacé par Sadyr Japarov, libéré de prison par ses sympathisants pendant cette crise et qui s’est, dans la foulée, fait nommer premier ministre, puis a obtenu la présidence par intérim.

Parmi les autres modifications de la Constitution envisagées figure l’introduction de l’interdiction de toute publication portant atteinte à «la moralité et la culture du peuple du Kirghizstan».

Cet amendement a provoqué l’inquiétude de l’ONG Human Rights Watch et du Comité norvégien d’Helsinki, ce dernier ayant estimé, vendredi dans un communiqué, que cela pourrait «gravement violer le droit des gens à la liberté d’expression».

Pays le plus pluraliste, mais aussi le plus instable d’Asie centrale, le Kirghizstan a connu deux révolutions en 2005 et 2010, qui ont contraint à l’exil deux ex-présidents. Un troisième, Almazbek Atambaïev, le prédécesseur de M. Jeenbekov, est quant à lui emprisonné.