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LNH : les joueurs devront accepter

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Photo AFP Les amateurs de hockey ne sont pas entichés à regarder des matchs en pleine canicule.

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Il ne reste plus beaucoup de temps aux dirigeants et aux joueurs de la Ligue nationale de hockey pour s’entendre sur un protocole de retour au jeu. 

Les parties doivent en venir à un accord avant le 1er décembre si elles veulent être en mesure de lancer la saison à la date ciblée du 1er janvier.

Car pour en arriver là, il faudrait que les joueurs se présentent dans leur ville de travail au plus tard au début de décembre pour observer la quarantaine réglementaire de 14 jours avant les camps d’entraînement.

Plus longtemps les négociations s’étireront, moins la saison régulière comptera de matchs. Autre point à considérer : la ligue risque de frapper un nœud pour ce qui est de l’intérêt des amateurs si les séries éliminatoires se poursuivaient au-delà de juin.

Les cotes d’écoute du tournoi de la coupe Stanley, qui s’est tenu en août et septembre, ont montré que les amateurs ne sont pas entichés de regarder du hockey en été. Et ce même si la technologie nous permet de mettre nos appareils de télévision à l’extérieur.

Le hockey, ça se joue à l’automne, en hiver et une partie du printemps. Quand le Canadien ferme les livres, vous êtes nombreux à passer à autre chose.

Réglez ou restez chez vous !

À en juger par les médias sociaux, le différend entre les propriétaires et les joueurs de la LNH vous passe cent pieds par-dessus de la tête. Personne n’en parle. Je ressens la même chose chez les gens de mon entourage.

C’est tout à fait compréhensible dans le contexte actuel.

La pandémie de COVID-19 perturbe déjà assez nos vies sans que l’on ait à se soucier d’une chicane entre des milliardaires et des millionnaires.

Tout ce que les amateurs désirent, c’est de revoir du hockey. C’est le meilleur temps de l’année pour ça. Ils ne veulent pas entendre parler de dispute.

Ce que vous dites entre les lignes, c’est : donnez-nous du hockey ou restez chez vous !

Plus rien ne tient

Les joueurs n’ont pas tort d’être irrités par les nouvelles demandes financières de la ligue. Ils croyaient détenir une entente en bonne et due forme lorsqu’ils ont entériné les termes d’une prolongation de six ans de leur convention collective, en juillet dernier.

Conscients des problèmes que la COVID-19 avait sur les revenus de la ligue, ils ont fait des concessions. Quatre mois plus tard, les propriétaires, par l’entremise de leur émissaire Gary Bettman, leur demandent d’accepter de nouvelles restrictions salariales.

Je vous fais grâce de tous les chiffres sinon que de vous dire que les joueurs toucheraient 64 % de leur salaire au cours de la prochaine saison.

Les joueurs disent : un contrat n’est-il pas un contrat ?

C’est vrai, sauf que dans la crise que l’on vit, plus grand-chose ne tient. Personne n’avait prévu qu’une pandémie viendrait affecter la planète. Encore moins sa durée.

Tout est remis en question.

Fusil sur la tempe

Les joueurs ont le fusil sur la tempe. S’ils refusent de faire des concessions additionnelles, l’opinion publique va probablement se tourner contre eux.

Les revenus de la ligue ont été charcutés de 1,5 milliard lors de la dernière saison. On peut prévoir que sans spectateurs dans les gradins, les pertes seront plus lourdes lors de la prochaine campagne.

Que personne n’en doute, il y aura une saison. C’est la logique qui le veut. Je l’ai entendu de la bouche d’un directeur général et d’un des agents les plus influents du hockey.  

Les joueurs et les propriétaires y perdraient tous les deux dans le cas contraire. La MLS, la MLB et la NFL ont trouvé le moyen de tenir des saisons une fois l’alerte de la pandémie lancée.

La LNH a présenté elle-même un tournoi élargi pour l’obtention de la coupe Stanley dans deux villes-bulles pour clore sa saison 2019-2020. La NBA a fait de même en concentrant ses activités dans une ville et elle amorcera sa prochaine saison le 22 décembre.

L’exercice comporte des complexités, mais les ligues sportives doivent s’y faire.

Des années à s’en remettre

La découverte de deux vaccins permet d’espérer un retour à une vie normale, mais nul ne sait quand, par contre. Il faudra des années pour que les entreprises touchées économiquement par les effets de la pandémie retrouvent une bonne santé financière.

L’industrie du sport professionnel n’y échappe pas. La convention collective de la LNH est basée sur un plafond salarial et un partage des revenus égal entre les propriétaires et les joueurs.

Mais, pour le moment, ils doivent mettre chacun de l’eau dans leur vin. Ils doivent trouver un terrain d’entente pour jouer cette saison.