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Retour sur l’aide médicale à mourir

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Je te lis tous les jours avec intérêt, car tes réponses me sont généralement éclairantes. Cependant ce matin, à celle qui signait « Indépendante » et qui exprimait le souhait d’obtenir l’aide médicale à mourir advenant qu’elle serait atteinte de la maladie d’Alzheimer, j’ai trouvé ta brève réponse teintée d’un point de vue négatif. Si tu acceptes d’aller au-delà du tabou qu’est la mort, permets-moi d’approfondir le sujet

La loi sur l’aide médicale à mourir en est une qui fait appel à la compassion humaine, non seulement pour mettre fin aux souffrances inutiles d’une fin de vie, mais également pour éviter les suicides, et par extension, les meurtres par compassion. Car lorsqu’un aidant porte seul le poids de l’accompagnement, la probabilité qu’il soit poussé aux limites de ses capacités est élevée. (Cf. le cas de Michel Cadotte)

Ton collègue Richard Martineau écrivait d’ailleurs ceci à ce propos : « On dit qu’on ne peut offrir l’aide médicale à mourir aux personnes atteintes d’Alzheimer, car leur mort n’est pas imminente puisque ces gens peuvent vivre encore de nombreuses années. Il faudrait s’entendre sur la définition du mot « vivre », car ce genre de vie, une conscience perdue dans un trou noir, j’appellerais plutôt ça. Exister. »

Toi Louise, comment ferais-tu face à cette maladie dégénérative, sachant qu’elle te ferait vivre un long déclin en te retirant toute autonomie, toute dignité, pour finir par te déposséder de toi-même ?

Il me semble que tu aurais dû dire à cette personne qu’Il existe bel et bien les DMA (Directives médicales anticipées) qui nous permettent de décider d’avance des soins que nous accepterions ou non de recevoir si on devenait inapte. Chacun peut faire ses DMA en remplissant simplement le formulaire qu’on ajoute ensuite à notre dossier médical pour que ces directives soient respectées en temps et lieu. Même si le sujet te semble tabou Louise, j’espère que tu auras le courage de publier mon texte afin qu’une réflexion plus substantielle puisse se faire chez tes lecteurs.

Normande Campeau

Je n’ai eu aucune hésitation à publier votre texte car je partage entièrement votre opinion. Je me suis donc relue pour voir comment j’avais pu vous donner une impression contraire, surtout que vous êtes la seule à en être arrivée à ce constat. Mon erreur a probablement été de ne m’attarder qu’à sa demande d’extension de la loi sur l’aide médicale à mourir. Merci d’avoir comblé le vide en mettant en lumière l’existence des directives médicales anticipées dont on parle trop peu il est vrai.