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Loi 101 au cégep: Jolin-Barrette ouvre la porte, Legault la referme

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Le premier ministre François Legault n’a pas tardé à claquer la porte laissée ouverte par son ministre Simon Jolin-Barrette: Québec n’interdira pas aux jeunes francophones de fréquenter les cégeps de langue anglaise.

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Le ministre responsable de la Langue française avait pourtant confirmé, mardi, que l’idée était à l’étude. «Nous devons réfléchir, comme société, à savoir si nous avons besoin d’étendre la loi 101 aux cégeps. C’est une bonne question et je suis toujours en réflexion à ce sujet», avait déclaré Simon Jolin-Barrette en anglais.  

Quelques minutes plus tard, dans un point de presse distinct, le premier ministre François Legault avait également entretenu le flou sur la question en affirmant que celle-ci faisait l’objet de «discussions au caucus». 

Mais en chambre peu après, M. Legault a remis le couvercle sur la marmite. «On va regarder la situation des cégeps pour voir comment on peut mieux s'assurer que les gens étudient en français, mais il n'est pas question d'étendre la loi 101 aux cégeps, comme le propose peut-être le Parti québécois», a tranché le premier ministre en réponse à son adversaire péquiste Pascal Bérubé.  

Le premier ministre a toutefois ajouté peu après que son gouvernement «regarde s'il y a des mesures qu'on peut prendre pour limiter le nombre d'étudiants» dans les établissements anglophones, comme le collège Dawson.     

  • Écoutez l'entrevue de la présidente générale de la Société Saint-Jean-Baptiste, Marie-Anne Alepin, sur QUB radio.   

Primaire et secondaire

Depuis l’adoption de la Charte de la langue française, seuls les enfants de parents ayant fréquenté le réseau scolaire anglophone peuvent s'inscrire à l'école publique en anglais aux niveaux primaire et secondaire. Le débat sur la possibilité d’étendre cette interdiction aux cégeps a fait l’objet de nombreux débats au fil des ans, particulièrement au Parti québécois.  

L’imbroglio sur la position du gouvernement Legault est venu d’un point de presse convoqué par le ministre Jolin-Barrette pour annoncer qu’il déposera après les Fêtes une réforme importante de la Charte de la langue française.  

Simon Jolin-Barrette a déclaré que les mesures serviront notamment à s’assurer que «la langue normale, habituelle des études» demeure le français. «Alors, je suis toujours en réflexion présentement, mais, pour moi, c'est fondamental de s'assurer que nos établissements collégiaux puissent s'assurer de faire en sorte d'offrir des cours en français et surtout que les Québécois puissent étudier en français au cégep, à l'université, et puissent également travailler en français», a déclaré le ministre.  

Photo Stevens LeBlanc

«Bonjour/hi»

Par contre, pas question de bannir le «bonjour/hi», comme M. Jolin-Barrette l’avait lui-même évoqué l’an dernier.  

Le ministre avait depuis reculé devant la difficulté de légiférer pour les commerces, et il refuse maintenant de l’interdire aux employés de l’État qui accueillent les citoyens.  

«Dans la fonction publique, lorsque l'interlocuteur est francophone, ça devrait être ‘‘bonjour’’. Ça arrive qu'on a des compatriotes anglophones qui peuvent recevoir des services en anglais. Donc, ils peuvent... La discussion peut avoir lieu en anglais pour les personnes, au Québec, qui ont droit à des services en anglais», a-t-il déclaré.  

Par ailleurs, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité mardi une motion réclamant qu’Ottawa s’engage à négocier l’application de la loi 101 aux entreprises à charte fédérale. Celles-ci, notamment les banques et les câblodistributeurs, sont pour l’instant exemptées des dispositions de la Charte de la langue française.  

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