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L’Impact des cônes orange

Conférence de presse de la Concacaf de l'entraîneur-chef Thierry Henry et des joueurs à 16h15 au Stade olympique,
Photo d’archives Thierry Henry a salué l’effort de son équipe après la défaite de vendredi.

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En conférence de presse après la défaite aux mains du Révolution de la Nouvelle-Angleterre, Thierry Henry a salué l’effort de ses joueurs. Il a loué leur engagement pour mitiger la douleur du résultat qui sonnait le glas de leur saison en MLS.

De la part de l’entraîneur-chef et dans les circonstances, l’attitude de Henry est louable. Mais j’espère qu’il ne croit pas tout ce qu’il dit. Parce que si c’est le cas, l’Impact a un problème.

Vendredi, les Montréalais se sont permis de rester dans le match jusqu’à la toute fin, littéralement. Mais c’est diablement difficile de l’emporter contre n’importe quel adversaire quand seulement sept ou huit joueurs sur onze défendent leur territoire. Par moments, certains ressemblaient à ces cônes orange qu’on retrouve en quantité dans la métropole québécoise. J’imagine que c’est ça, « l’Impact montréalais ».

Ce genre de demi-effort défensif peut arriver par moment en saison sans grande conséquence, mais il est inexcusable en séries éliminatoires. C’est même un manque de respect pour tes coéquipiers à mon avis.

Pour l’heure, les fautifs ne sont pas difficiles à identifier. D’abord les Bojan, Orji Okwonkwo et Anthony Jackson-Hamel ont été décoiffés plus d’une fois par un adversaire qui est passé en coup de vent devant eux. Ensuite, on pourrait parler de ceux qui ont carrément des carences dans ce domaine comme Emanuel Maciel, Amir Sejdic, voire Zachary Brault-Guillard et Jorge Corrales.

Ceux-là, ont-ils seulement compris quel sacrifice les séries éliminatoires exigent ?

Des héros

À l’autre bout du spectre, je dois mentionner ceux qui ont été à la mesure du défi. On savait que ce serait difficile sans Victor Wanyama et Samuel Piette en Nouvelle-Angleterre, mais ça n’a pas empêché certains de donner leur pleine mesure.

Devant le filet, Clément Diop a gardé l’Impact dans le match avec des arrêts spectaculaires. Luis Binks et Rod Fanni ont tout donné pour garder le ballon hors de leur filet voire même de leur moitié de terrain.

Rudy Camacho, dans une position inhabituelle pour lui, a été une véritable surprise, une bonne celle-là. Malheureusement, l’Impact n’a pas défendu en équipe jusqu’à la fin des 90 minutes.

En fait, même Romell Quioto pourrait faire un examen de conscience. Certes, il a dû conserver un maximum d’énergie pour se projeter en attaque, mais il aurait pu en faire un peu plus défensivement dans les 20 dernières minutes.

Malgré tout, le Révolution a été la meilleure équipe vendredi à Foxboro. Même s’il a dû arracher la victoire dans les derniers instants, il n’a pas volé sa qualification pour le tour suivant.

Ainsi, la rencontre s’est terminée de façon dramatique pour l’Impact. D’un point de vue émotionnel, c’est à la fois enivrant et triste. Mais, à mon avis, cette fin de match ne doit pas faire écran à la vérité du terrain.

Les facteurs atténuants ?

Pour être juste, je veux bien rappeler que l’absence de Wanyama et Piette aura été très préjudiciable pour le Bleu-blanc-noir, mais ce fait a peut-être le dos un peu trop large. Même avec ces deux-là dans l’alignement, l’Impact a perdu trois fois contre la Nouvelle-Angleterre cette saison.

Si l’on regarde dans le camp adverse, on doit aussi dire que l’Impact a fait face à la meilleure version du Révolution cette saison. Avec Carles Gil dans ses rangs, la Nouvelle-Angleterre représente un bien plus grand danger.

Mais comme en saison, la performance des Montréalais vendredi a été inconstante autant dans la manière de jouer que dans l’effort. Le manque de sacrifice de certains de ses joueurs n’aura pas permis à l’Impact de créer une surprise et de se donner rendez-vous avec son ennemi de toujours, le Toronto FC.

Ce n’est que partie remise, j’imagine...