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Nous reste-t-il assez de dignité?

Parlement  de Quebecet drapeau du Quebec
Photo d'archives

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Les coups pleuvent sur le peuple québécois.

Pas une journée sans qu’on nous accuse d’être des racistes.

Et il s’en trouve, parmi nous, pour pousser le mépris des siens jusqu’à en rajouter. 

De larges franges des milieux académiques et médiatiques participent à l’opération. 

Même une émission de variétés comme TLMEP sert de défouloir. 

Ses animateurs s’imaginent qu’ils s’élèvent moralement en donnant le crachoir, sans contrepartie, à ceux qui font un procès si injuste au Québec.

Pourquoi

Quand ma famille et moi sommes arrivés au Québec en 1970, il aurait été inimaginable pour nous de demander au peuple québécois de se plier en quatre pour nous accommoder.

Nous n’avions que gratitude et respect. Les temps ont changé. Il y en a qui appellent ça du progrès.  

Mais s’il y a des opérations de salissage ouvertes, il y en a de plus sournoises.

Aujourd’hui et demain doit normalement avoir lieu, en Cour d’appel, l’audience sur la contestation de la loi 99, adoptée par l’Assemblée nationale en l’an 2000.

Oui, cela fait 20 ans que l’affaire est devant les tribunaux, et elle se rendra assurément jusqu’en Cour suprême.

Le plaignant de façade est le citoyen Keith Henderson, mais c’est le gouvernement fédéral qui tire les ficelles.

En avril 2018, la Cour supérieure avait validé la loi 99, mais l’acharnement des ennemis du peuple québécois est sans limites.

« Ennemis du peuple québécois » : l’expression n’est-elle pas un peu forte ? demanderez-vous.

Non, car que dit la loi 99 ?

Elle dit que les Québécois forment un peuple en fait et en droit, que ce peuple possède des droits universels, parmi lesquels celui de décider librement de son avenir, et qu’aucun autre Parlement ou gouvernement ne peut réduire ses droits.

La loi 99 fut adoptée parce qu’Ottawa avait dit que jamais il n’aurait reconnu un OUI du peuple québécois à sa souveraineté, et que, de toute façon, l’adoption d’une nouvelle Constitution canadienne en 1982, sans la signature du Québec, revenait à nier l’existence même du peuple québécois.

Vous auriez tort d’y voir une marotte de souverainiste frustré. 

Vous auriez tort d’y voir une question personnelle, parce que c’est moi qui pilota jadis l’adoption de cette loi.

Ce qui est en cause ici, ce n’est pas une option ou une autre ni mon insignifiante personne. 

C’est la démocratie qui est en cause. 

C’est l’existence ou non d’un peuple québécois qui est en cause. 

C’est le fait de savoir si ce peuple a de vrais droits ou pas qui est en cause.

Unanimité

Je ne remercierai jamais assez l’avocat Maxime Laporte, qui porte à bout de bras la cause des droits du peuple du Québec devant les tribunaux depuis si longtemps.

En 2018, tous les partis à l’Assemblée nationale du Québec, y compris le PLQ, avaient réaffirmé ces principes.

Mais l’acharnement des ennemis du peuple québécois, je le redis, est sans limites.

Et si un jour, nous disions : assez c’est assez ?! 

Nous reste-t-il assez de dignité ?