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Le Québec ne peut pas se «péter les bretelles»

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Même si la deuxième vague semble frapper moins durement le Québec que d’autres provinces canadiennes, il n’y a pas de quoi «se péter les bretelles», estime la conseillère scientifique en chef du Canada, Mona Nemer.

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«Si on veut se consoler, on peut se comparer à ceux qui sont pires que nous, mais il y en a qui sont bien meilleurs que nous», mentionne la scientifique.

Le Québec est coincé à un plateau oscillant entre 1000 et 1400 cas par jour depuis maintenant plusieurs semaines, mais a enregistré une hausse inquiétante des décès qui risque de se poursuivre en raison d'une montée des contaminations chez les 70 ans et plus.

La situation, de l’aveu de la scientifique, est aussi très «préoccupante» dans le reste du pays : les cas augmentent de façon très rapide, les équipes de dépistage et de traçage des contacts ne fournissent plus et certains hôpitaux commencent à être débordés.

«C’est vraiment tout ce qu’il faut éviter dans une pandémie qui est presque en train d’arriver», note Mme Nemer.

Un Noël dangereux?

Malgré les risques, le gouvernement du Québec a pris la décision de permettre des rassemblements familiaux durant les Fêtes, moyennant une quarantaine de sept jours avant le 24 décembre. Pour Mme Nemer, le moment qu’a choisi Québec pour faire l’annonce est discutable, puisqu’il est très possible que les autorités sanitaires soient dans l’obligation de reculer.

«Sur le plan scientifique, c’est peut-être un peu prématuré de pouvoir prévoir où on va être le 24 décembre», juge-t-elle.

Sans commenter les décisions politiques du gouvernement de permettre ou non des rassemblements, Mme Nemer s’inquiète de la cohérence du message envoyé à la population.

Elle donne en exemple la quarantaine de sept jours, qui n’est pas une période de 14 jours d'isolement, comme les gouvernements le recommandent pourtant depuis le début de la pandémie.

«Ce qui est important de savoir c’est qu’il faut être à la fois transparent et constant, insiste-t-elle. Il faut que le message soit cohérent pour que la population, à qui on demande des sacrifices considérables, continue à y adhérer.»

Le Canada en retard sur la vaccination?

Les oppositions talonnent depuis plusieurs jours maintenant le gouvernement fédéral afin de connaître le moment où pourront être vaccinés les premiers Canadiens. D’autres pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France ou le Mexique ont déjà promis les premières doses d’ici janvier 2021.

Mais les Canadiens ne devraient pas s’inquiéter, selon Mme Nemer.

«C’est plus facile pour les pays où les essais cliniques ont déjà lieu (comme au Mexique) d’étendre la vaccination un peu plus largement, particulièrement auprès des personnes plus vulnérables», indique-t-elle.

D’autant plus qu’aucun régulateur dans le monde n’a encore approuvé un vaccin.

«Ce n’est pas qu’on s’énerve pour rien, mais on s’énerve peut-être un peu trop tôt», estime la scientifique. 

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