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Le retour du fils de la loi 101

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Décidément, le gouvernement Legault aime nous tenir en haleine.

Après avoir annoncé à plusieurs reprises que la refonte de la loi 101 s’en venait, voilà que le ministre responsable de ce dossier, monsieur Simon Jolin-Barrette, a convoqué les médias pour dire... qu’elle s’en venait.

On se croirait à un spectacle de Guns N’Roses.

« Coudonc, quand vont-ils monter sur scène, au juste ? »

LES ATTENTES SONT GRANDES

À défaut de pouvoir présenter son film, Le retour du fils de la loi 101, qui est toujours en cours de production (le scénario, j’imagine, a dû être réécrit pour tenir compte des récents développements dans l’actualité), Simon Jolin-Barrette en a dévoilé l’affiche.

J’aime particulièrement le slogan : « Le français n’est pas un problème, mais une solution ».

Malheureusement, au moment de mettre sous presse, on n’en savait guère plus. 

Le héros reviendra-t-il sur sa promesse d’accorder des millions de dollars au College Dawson pour aider encore plus d’immigrants à parler anglais ?

Utilisera-t-il l’arme ultime (l’application de la loi 101 aux entreprises de 25 à 49 employés) pour gagner la guerre des langues ?

Demandera-t-il à l’État de ne plus accorder d’aide financière aux entreprises qui ont une raison sociale en anglais ?

Il faudra attendre la grande première (prévue pour le printemps prochain, si tout va bien) pour le savoir.

Une chose est sûre : plus le gouvernement nous fait poireauter, plus les attentes seront grandes.

D’autant plus que son film précédent, Les aventures de Capitaine Laïcité, a connu un joli succès, jouant à guichets fermés partout où il a été présenté (sauf à Hampstead). 

UN NOUVEAU DENTIER

En attendant la sortie mondiale de ce long métrage (qui sera présenté à Westmount sous le titre The Return of the Son of Law 101, preuve que le Québec respecte les droits de sa plus importante minorité linguistique), nous avons le choix. 

Ou nous faisons comme les antimasques de Rosemère et nions que le virus de l’anglicisation menace bel et bien la santé de notre langue et de notre culture. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Ou nous prenons les moyens qui s’imposent pour aplatir la courbe.

La balle est dans notre camp. 

C’est bien beau, poser un dentier à la loi 101 pour qu’elle ait plus de mordant.

Mais une législation ne peut pas tout régler. Le citoyen aussi a un rôle à jouer. 

Si nous continuons de donner des noms anglais aux entreprises que nous fondons, sous prétexte que « c’est plus sexy ». 

Si nous n’apprenons pas à nos enfants à être fiers de parler français. 

Si nous continuons de donner notre argent à des commerçants qui refusent de nous servir dans notre langue.

Bref, si nous continuons de nous comporter comme Elvis Gratton, « the carrots are cooked ». 

UN TEST IMPORTANT

Pas étonnant que monsieur Jolin-Barrette prenne autant de temps à peaufiner sa nouvelle loi 101.

Ça va être un test extrêmement important pour le gouvernement Legault.

Depuis le temps que les caquistes se disent nationalistes, on va voir ce qu’ils ont dans le ventre. 

Ont-ils vraiment le français à cœur ? Ou, pour citer Marie-Chantale, de Beau Dommage, est-ce le genre de tatouage qui part bien vite au lavage ?

Voyez aussi le reportage du Bureau d'enquête sur le français au centre-ville de Montréal