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Les Américains débarquent en force au CA du Cirque du Soleil

Seulement deux Québécois autour de la table et plus aucun rôle pour Guy Laliberté

ZARKANA
Photo d’archives, Agence QMI Le Québécois Daniel Lamarre, qui est toujours PDG de l’entreprise, soutient que la présence du Cirque du Soleil au Québec n’est pas menacée, même à long terme.

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C’est une forte majorité d’Américains qui siégera désormais au conseil d’administration du Cirque du Soleil. Après avoir frôlé la faillite, l’entreprise appartient maintenant à quatre firmes d’investissement de Toronto et de New York.

Des neuf membres du nouveau conseil du Cirque, à peine deux sont québécois. Un autre est canadien de naissance, mais vit à New York depuis des années, alors que les six administrateurs restants sont tous des Américains.

Les quatre nouveaux propriétaires du Cirque — la firme torontoise Catalyst Capital ainsi que les américaines Sound Point Capital, CBAM Partners et Benefit Street Partners — ont promis de garder son siège social à Montréal pendant cinq ans. 

Le PDG du Cirque, Daniel Lamarre, assure que rien ne menace la présence de l’entreprise au Québec à plus long terme.

« Vous avez une énorme bâtisse avec des studios uniques au monde, vous êtes en face d’une école de cirque, vous êtes à côté de la (salle de spectacles) Tohu, énumère-t-il. Il n’y a aucun autre endroit au monde où il y a une cité du cirque comme ça. »

En 2015, lorsque la firme américaine TPG Capital avait pris le contrôle du Cirque, elle s’était engagée à « assurer une présence importante du Québec et du Canada » au sein du conseil.

Et notons qu’au printemps, le gouvernement avait offert un prêt de 200 millions $ US aux acquéreurs potentiels du Cirque selon certaines conditions, notamment que la propriété intellectuelle demeure au Québec et que le président du conseil soit un résidant québécois.

« Garder le contrôle » 

Pourquoi Catalyst et ses partenaires ont-ils refusé le prêt de Québec ? « Je pense qu’ils voulaient garder le contrôle de la destinée », répond M. Lamarre.

Le conseil du Cirque sera coprésidé par le New-Yorkais d’origine canadienne Gabriel de Alba, associé chez Catalyst, et par Jim Murren, ancien PDG de MGM Resorts.

MGM pèsera lourd au sein du conseil du Cirque puisque George Kliavkoff, président de la division Divertissement et sports du groupe américain, y siégera également. MGM est un partenaire majeur du Cirque à Las Vegas, où l’entreprise tirait 50 % de ses profits avant la pandémie.

« On a voulu ça [la présence de MGM au conseil] et on a travaillé fort pour ça parce que c’était une façon de nous assurer de la stabilité de cette relation-là », explique Daniel Lamarre.

Nouveaux spectacles ?

« Je ne serais pas surpris que d’ici la prochaine année, on annonce un ou deux nouveaux spectacles chez MGM », précise-t-il. Le Cirque vient toutefois d’annoncer la fin de Zumanity.

Le Cirque maintient également ses liens avec Bell en nommant à son conseil Anna Martini, chef des finances du Groupe CH, dont est actionnaire le géant des télécommunications.

M. Laliberté, qui a reçu 75 M$ US de la Caisse de dépôt en février pour sa participation résiduelle de 10 % dans le Cirque, n’agira plus à titre de « guide » de l’entreprise. 

« Guy est un de mes bons amis, on a travaillé ensemble pendant 15 ans. Alors je suis sûr que si j’ai besoin d’aide, il va répondre au téléphone, mais je sais que Guy a ses propres occupations aussi et je respecte ça », indique M. Lamarre.

Pour ce qui est de la relance des activités du Cirque à Las Vegas, le dirigeant l’entrevoit à la fin de l’été prochain. Pour ce qui est de la première de Sous un même ciel, qui devait avoir lieu en avril à Montréal, il espère pouvoir la tenir en juillet.