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Oui à un impôt de pandémie

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Il est curieux d’observer la levée de boucliers contre l’idée d’un impôt de pandémie aux plus riches, proposé par Québec solidaire.

La proposition venait d’être lancée qu’on la qualifiait déjà d’irréaliste et de loufoque.  

Toujours est-il que l’idée d’un impôt pandémique n’est pas si radicale, ou sortie d’un manuel de l’époque de l’URSS. 

Elle part de cette prémisse : il y a des gagnants et des perdants de la pandémie actuelle.

Les gagnants, ce sont les grandes corporations ouvertes depuis mars. Les perdants, ce sont les travailleurs, les étudiants, les PME, les restaurateurs...

Et, bien sûr, l’État qui devra composer avec son pire cauchemar : une baisse des revenus et de sa croissance économique, en même temps qu’une hausse de ses dépenses ! 

Choix 

C’est là qu’on arrive à un carrefour : soit on coupe dans les dépenses ou on augmente les revenus. 

Si on coupe dans les dépenses, ultimement dans les services, ce sont les perdants actuels qui écoperont. 

C’est le tenancier de bar qui attendra six mois avant d’avoir accès à un psychologue, c’est le fils du travailleur qui n’aura pas accès à des services d’orthophoniste, ce sont des subventions pour des PME en Gaspésie qui seront coupées... 

Mais ce choix n’est pas inévitable. 

Il est possible, même en 2020, d’éviter une autre tragédie austère et récupérer de la « nouvelle argent » pour préserver la qualité de nos services publics tout en affrontant les prochains déficits. 

Un impôt spécial et bien ciblé, conçu spécialement pour notre contexte, est une option qui mérite d’être étudiée. Une option qui s’est déjà réalisée dans notre histoire, à l’occasion d’impôts de guerre, qui ont justement permis à l’État de trouver de la « nouvelle argent ». 

Solidarité

C’est aussi une question de principe. Tous répètent depuis mars que cette crise est une épreuve de solidarité. 

Mais la solidarité ne doit pas toujours être horizontale. De citoyen à citoyen, du bas vers le bas.  

Une solidarité verticale, du haut vers le bas, des grandes corporations aux citoyens, peut et doit aussi exister.