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Redoubler de vigilance

Des antimasques étaient à la Place Rosemère
Capture d’écran tirée de facebook Des antimasques à la Place Rosemère

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L’approche du moment où un vaccin va commencer à nous soulager de la pandémie suscite une bonne dose d’espoir. Mais il reste quelques mois d’attente. Et le fait d’avoir une solution à portée de main semble convaincre quelques-uns que le moment est venu pour un relâchement des mesures sanitaires.

L’exemple ultime nous vient de Donald Trump et de ses disciples. Le président sortant se bombe le torse pour sa supposée contribution cruciale à l’arrivée des vaccins. Et il enchaîne en minimisant l’importance de mesures, comme le port du masque. Il décourage les autorités locales à prendre les mesures de confinement qui apparaissent nécessaires devant pareille flambée de cas de COVID-19.

Cette approche est soit absurde et mal avisée, soit cruelle et dépourvue d’humanité. Si l’on s’arrête un seul instant pour y réfléchir, l’arrivée prochaine d’une solution réelle à la pandémie devrait nous encourager à redoubler de vigilance.

Morts évitables

Les apôtres d’une gestion laxiste de la pandémie, dont certains font une affaire de « liberté », se basent sur l’idée qu’il soit nécessaire d’apprendre à vivre avec la COVID. Vivre le plus normalement possible, en essayant de protéger minimalement les personnes vulnérables, mais en évitant tout confinement.

Cette thèse mériterait une sérieuse considération si les experts nous annonçaient qu’aucun vaccin ne serait possible. La COVID-19 serait dans le décor pour des années. Dans ce cas, on pourrait conclure qu’on ne peut pas vivre avec autant de contraintes indéfiniment. Les arts, les restaurants, tout y passerait.

Il faudrait alors vivre plus normalement, même en sachant qu’il y aura un prix à payer en vies humaines. 

À l’inverse, à partir du moment où la solution du vaccin nous pend au bout du nez, cette approche n’a plus de sens. Accepteriez-vous qu’un être cher perde bêtement la vie pour une maladie qu’on aurait pu prévenir trois semaines plus tard ? 

D’ailleurs, même en prenant toutes les mesures préventives, ce drame va survenir. Des gens vont décéder au cours des semaines juste avant la vaccination. Et on imagine déjà la tristesse et le sentiment de fatalité que ressentiront leurs proches. Perdre la vie alors qu’on allait être vacciné sous peu. Choquant !

Trump

Dans le cas de Donald Trump, j’ai la conviction que le jugement de l’Histoire sera impitoyable. L’Histoire ne retient pas tous les détails qui nous font réagir au quotidien. Le fait qu’il boude après l’élection, autant que ses messages inédits sur Twitter, tout cela sera vite oublié. Ce qu’on retiendra, c’est que son mandat s’est terminé dans la pandémie de COVID-19 et qu’il a laissé mourir 400 000 de ses concitoyens, sans réagir, entêté.

Pour ne pas répliquer la bêtise de Trump, nos gouvernements devront rester prudents en attendant le vaccin. Néanmoins, certaines mesures devront progressivement être levées, notamment en ce qui concerne les restaurants et le secteur culturel.

Lorsque des libertés seront partiellement retrouvées, la responsabilité d’éviter les risques dramatiques reposera sur notre comportement individuel. Un gros test à ce moment pour quiconque a vu les danseurs sans masques de Place Rosemère !