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La solution : une taxe de luxe

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Photo d'archives, AFP Les joueurs ont raison d’être mécontents relativement aux nouvelles concessions qui leur sont demandées.

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Bon, c’est silence radio. Personne ne se parle dans la Ligue nationale de hockey, dit-on. 

Pourtant, je suis persuadé que tout le monde se parle. Après tout, on doit sûrement avoir un plan B. Les joueurs sont furieux, mais ils savent qu’en bout de ligne, ils devront faire quelques compromis.

Ils n’acquiesceront pas aux demandes des propriétaires. Mais, il y a peut-être des options à étudier.

Gary Bettman sait très bien que, pour l’une des rares fois depuis son arrivée à la tête de la Ligue nationale, il n’a pas toutes les cartes dans son jeu. Bien au contraire. 

  • L’Association des joueurs est déterminée à tenir tête aux propriétaires. 
  • Les propriétaires, de leur côté, ont signé une entente il y a cinq mois. 
  • Du côté de la ligue, il y a une division entre les propriétaires.  

Le commissaire a donc plusieurs dossiers à résoudre, et le temps presse.

Clauses majeures

La situation est la suivante. En juillet dernier, l’Association des joueurs et les propriétaires conviennent d’un nouveau contrat de travail s’échelonnant jusqu’à la fin de la saison 2026. Treize ans sans la moindre menace d’un conflit de travail, c’est une première sous le régime de Gary Bettman.

On s’entend entre autres sur des clauses majeures. 

  • Ainsi, 20 % du salaire des joueurs seront retenus, pour la saison 2020-2021, pour gonfler le compte en fiducie. Puis, on établira un taux entre 14 % et 18 %, selon l’état des revenus de la ligue, pourcentage qui couvrira les saisons 2 (2021-2022) et 3 (2022-2023), et un pourcentage de 6 % sera retenu pour les trois dernières saisons de la convention collective. 
  • Les joueurs consentent à un prêt de 10 % de leur salaire avant l’imposition du pourcentage en fiducie pour la saison 2020-2021, prêt remboursé par paiements différés sur trois saisons, le premier paiement étant prévu pour le 15 octobre 2022.  

Tout le monde est heureux, bien que les joueurs, et avec raison, soulignent qu’ils ont encore une fois fait des compromis pour assurer l’avenir de la ligue.

Mais voilà que cinq mois plus tard, les mêmes propriétaires, qui avaient applaudi la décision des joueurs de solidifier la structure financière des propriétaires, informent les athlètes que ça ne fonctionne plus.

On signe une entente en bonne et due forme et, cinq mois plus tard, cette entente est contestée sous prétexte que la situation a changé, que la Ligue nationale — donc les propriétaires — ne pourra poursuivre ses activités sans un changement important sur le plan des dépenses et des salaires.

Du jamais-vu... ou presque.

Nouvelles demandes

Les propriétaires exigent maintenant d’autres changements. 

  • Le pourcentage du compte en fiducie sera de 25 % plutôt que 20 %. 
  • Le pourcentage des trois dernières saisons de l’entente sera de 9,5 % plutôt que 6 %. 
  • Le prêt remboursable en paiements différés sera de 26 % des salaires plutôt que 10 %.  

Une volte-face que les propriétaires expliquent par l’explosion de la COVID-19, ce qui, à toutes fins utiles, obligera les équipes à disputer leurs matchs devant des amphithéâtres vides.

Les joueurs fulminent, condamnent l’attitude des propriétaires, les accusant de leur manquer de respect. Par le passé, disent-ils, ils ont toujours suivi les règlements de la convention de travail à la lettre même si le partage des revenus a soulevé chaque année de sérieuses interrogations.

Les joueurs ont raison de lever le ton.

Mais la réalité, c’est que la pandémie fait des ravages inquiétants autant au Canada qu’aux États-Unis. Il faudra donc trouver une solution pour que les deux clans puissent entamer la prochaine saison.  

Propriétaires divisés

Que faire pour les propriétaires, qui filent à grande vitesse vers la faillite ? Un match régulier, selon Forbes, disputé sans spectateurs, représente une perte de 1,3 million $ et une perte de 215 000 $ aux restaurants et aux comptoirs des articles promotionnels.

La réplique inattendue de Bettman et des propriétaires reflète très bien la division au chez les investisseurs. Certains estiment qu’il serait préférable de fermer les livres pour la prochaine saison plutôt que de jouer avec les conditions financières conclues en juillet.

Par contre, pourquoi faudrait-il que les joueurs paient la facture ?

Ceux qui se disent pris à la gorge ont-ils les ressources financières pour exploiter une concession de sport professionnel ?

Dans la situation actuelle, il est évident que les patineurs ne sont pas à l’abri d’une contribution particulière en raison de la pandémie. Mais ce sont les propriétaires qui, avant tout, devraient résoudre leurs problèmes.

Pourquoi ne pas instaurer une taxe de luxe, comme le suggèrent certains intervenants. Les équipes pourraient dépasser le plafond salarial et payer une taxe en conséquence. Les formations pauvres pourraient toucher un pourcentage de l’argent perçu pour la taxe de luxe et du même coup amenuiser les pertes d’opération.

Une taxe de luxe et un pourcentage de 15 % comme prêt aux propriétaires avec remboursement échelonné sur trois saisons à partir du 22 octobre 2022 pourraient, j’imagine, être des solutions à envisager.

Peut-on croire un instant que les propriétaires des équipes riches aimeraient pouvoir dépenser encore quelques millions ?  

Et comment !

Également, les joueurs y gagneraient au change et la Ligue nationale pourrait amorcer enfin la saison.

Sauf qu’un calendrier de 48 matchs serait plus approprié.

On chuchote qu’on éliminerait les périodes de prolongation et qu’on irait directement aux tirs de barrage pour déterminer le vainqueur.

Mais le classement serait établi en fonction du pourcentage de réussite et non en fonction des points récoltés...

Pas d’accord avec cette dernière possibilité.