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Dérive autoritaire à l’Université d’Ottawa?

Université d'Ottawa
Photo d’archives

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Qui n’a pas entendu parler de la suspension administrative de la chargée de cours de l’Université d’Ottawa ?

Oui, celle qui avait prononcé le mot « nègre » dans un but pédagogique et sans la moindre malice ?

Vous pensiez que la poussière retombait ? Au contraire, les affaires se corsent.

Les médias ne devraient pas s’en détourner. 

Les universités sont les laboratoires de la société de demain... pour le meilleur ou pour le pire.

Récupération

L’espace me manque pour tout raconter.

Des professeurs me parlent sous le sceau de la confidentialité. 

Connaissant de l’intérieur ce milieu souvent perfide, je comprends leurs craintes.

Sévèrement blâmé par plusieurs, le recteur Frémont choisit la fuite en avant.

Il vient d’annoncer la création d’un comité non plus pour consulter, mais pour agir concrètement contre le racisme.

Présenté ainsi, qui pourrait bien être contre une lutte active contre le racisme ?

Mais la relecture personnelle qu’il fait des derniers événements en laisse beaucoup estomaqués.

J’ai le texte sous les yeux.

L’événement déclencheur est réinterprété et récupéré à titre d’incident illustrant une grave problématique de racisme systémique sur le campus qui appelle une réaction vigoureuse.

L’enseignante, sans aucune sécurité d’emploi, s’est vu imposer une formation sur l’inclusion, comme si elle était fautive.

Les 34 enseignants qui se sont portés publiquement à sa défense, auxquels il faut ajouter 7 professeurs de droit, sont pointés sans être nommés.

Ils auraient « créé des divisions internes qui ont empoisonné des relations interpersonnelles ».

Bref, en défendant leur collègue traînée dans la boue, ils ont troublé la paix.

Le recteur, dit-on, est furieux qu’ils aient porté l’affaire sur la place publique. Le linge sale se lave en famille.

Il veut donc leur faire porter le chapeau.

Il prend le parti des étudiants les plus militants, dépeints comme des victimes aux mains des profs tout-puissants.

Ces étudiants ont eu recours à la cyberintimidation, publiant des adresses personnelles des profs ?

Ah, mais il faut comprendre, dit le recteur Frémont, « le déséquilibre des pouvoirs » qui ne fait « qu’exacerber leur vulnérabilité ».

L’essentiel est de « s’attaquer aux causes profondes du racisme systémique présent à l’intérieur de nos murs [...] »

Que cela entraîne des dérapages est ravalé au rang de ces œufs que l’on casse forcément quand on fait des omelettes.

Quelle défense y a-t-il contre quelqu’un qui se « sent » offensé ? Et contre une meute qui se déchaîne sur les médias sociaux ?  

Son comité « définira les cibles et les résultats recommandés et supervisera leur concrétisation ». 

Vous entendez la petite musique autoritaire ?

Pire

Le recteur hurle-t-il avec les loups par opportunisme, ou est-il un militant zélé de la nouvelle idéologie woke ?

En tout cas, on se souviendra de son appui, quand il présidait la mal nommée Commission des droits de la personne du Québec, à l’idée d’associer la critique de la religion à un « discours haineux » passible de poursuites.

Son attitude illustre un inquiétant durcissement, évidemment drapé dans la vertu. 

L’Université d’Ottawa, un cas isolé ? Non, nous sommes, dit un prof, « l’avant-garde du pire ».

Si on ne réagit pas à ces excès, le pire surviendra.