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Éric Dupont: étonnantes découvertes ornithologiques

Éric Dupont
Photo courtoisie, Eva Maude TC Éric Dupont

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Auteur de La fiancée américaine, roman récompensé de nombreux prix, Éric Dupont révèle sa passion pour l’ornithologie dans un nouveau livre magnifiquement illustré par Mathilde Cinq-Mars, Nos oiseaux. Avec sa superbe plume (clin d’œil !), il décrit plusieurs espèces faciles à trouver dans le paysage québécois, leurs chants, leurs comportements, invitant les jeunes et moins jeunes à partir à leur découverte le plus vite possible ! 

Connaissez-vous les noms des oiseaux qui se dissimulent dans les branches, chantent le soir et au petit matin, volent de nuit dans notre ciel québécois ? Éric Dupont, passionné par les oiseaux depuis qu’il est enfant, raconte divinement la paruline masquée, le moqueur-chat, l’oriole de Baltimore. 

 « Je m’intéresse à tous les aspects de notre relation à l’oiseau lui-même, à son comportement, mais aussi à tout ce qu’il représente pour nous, à ce que l’étude des oiseaux représente et à leur importance aussi, parfois qu’on ne soupçonne pas », dit-il en entrevue.

Il fait remarquer que les oiseaux sont un peu la trame sonore de notre paysage et de notre pays. « Les cris des oiseaux sont comme une musique qui déclenche en nous des émotions. Il faut se poser la question : d’où elles viennent, pourquoi on ressent ça », explique-t-il en mentionnant en exemple le cri bien caractéristique du carouge à épaulettes.

Éric Dupont a un oiseau-totem, un oiseau qu’il aime particulièrement. « J’aime beaucoup le corbeau et le colibri à gorge rubis. Il paraît que le corbeau peut se souvenir des gens qui ont été gentils avec lui. »

Liens familiaux

Il trouvait important de célébrer nos oiseaux et se souvient de ses premières sorties. « J’ai été initié à l’ornithologie par mon oncle Jean-Rémi. Je pense que j’avais 12 ans quand il m’a offert un guide d’observation sur le terrain. Il était sorti avec moi une fois ou deux pour me montrer comment pratiquer ce loisir-là. »

Éric a développé un lien émotif avec les oiseaux parce que les gens, dans sa famille, en parlaient beaucoup et savaient les identifier. « Je trouvais que c’était précieux. Dans un contexte où les oiseaux disparaissent peu à peu, où il y a des espèces où le nombre d’individus baisse, je trouvais important d’essayer de rejoindre la jeunesse. 

« Peut-être que des parents vont aller chercher le livre et en parler avec leurs enfants et développer autour de l’oiseau un lien affectif ? Je trouvais que c’était important de le faire pour que les jeunes se rendent compte que nous avons la responsabilité de coexister avec eux et leur permettre de continuer à vivre. »

Rapport avec la nature

L’oiseau, dans son aspect symbolique, peut inciter les gens à amorcer une réflexion sur notre rapport avec la nature, ajoute-t-il. « Pendant le premier confinement, en mars et avril, moi, ces textes-là, c’est à peu près tout ce que je réussissais à écrire. Je n’avais pas la force mentale pour m’attaquer à autre chose que ça. 

« J’arrivais seulement à me concentrer sur mes textes d’oiseaux et je puisais mes textes dans une nostalgie profonde d’une période où j’avais la liberté de sortir dans le bois, sur la grève à Matane, voir les saisons passer et voir les oiseaux passer en même temps. Et pas juste les quelques espèces qu’on a à Montréal. Ces textes me permettaient de retourner dans ce passé, donc c’est beaucoup plus émotif qu’on pourrait le croire ! »

Les délicates illustrations de Mathilde Cinq-Mars attirent le regard, invitent à la contemplation, en quête de petits détails, même de symboles. « Je me sens honoré que mes textes soient embellis et soient éclairés par ses dessins, qui sont vraiment magnifiques. Je ne me lasse pas de les regarder ! » 

  • Éric Dupont est l’auteur de La fiancée américaine, incroyable best-seller multiprimé qui met en scène une famille de Rivière-du-Loup. 
  • Mathilde Cinq-Mars est fermière et illustratrice. Elle a été finaliste au prix TD Canada pour son livre Nos héroïnes.   

EXTRAIT 

Nos oiseaux<br/>
Éric Dupont, illustrations Mathilde Cinq-Mars.<br/>
Éditions Marchand de feuilles<br/>
108 pages.
Photo courtoisie
Nos oiseaux
Éric Dupont, illustrations Mathilde Cinq-Mars.
Éditions Marchand de feuilles
108 pages.

« Si la tourte voyageuse s’est éteinte car elle ne pondait qu’un œuf par année notre ami le vacher à tête brune a voulu tirer un enseignement de sa disparition. “Cela ne m’arrivera pas, à moi !” En effet, cet oiseau ne construit pas de nid. Il préfère pondre entre 11 et 20 œufs dans les nids des autres ! Et ça marche ! La plupart des oiseaux sont incapables de reconnaître leurs propres œufs, ce qui facilite la tâche du vacher. »