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La fortune des Bombardier double

Leurs actions A explosent alors que les B traînent

Assemblée Bombardier
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin Laurent Beaudoin, ancien PDG de Bombardier, et sa femme, Claire Bombardier, lors de l’assemblée annuelle de l’entreprise, l’an dernier.

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La valeur des actions de catégorie A de Bombardier, principalement détenues par la famille Bombardier, a plus que doublé en une semaine alors que celle des actions de catégorie B, détenues par le public investisseur, a crû beaucoup plus modestement.

L’action de catégorie A de Bombardier a clôturé à 1,11 $ hier, en hausse de 1,8 % par rapport à la clôture de la veille et de 134 % par rapport à celle de la semaine dernière.

En revanche, la progression hebdomadaire de l’action de catégorie B n’a été que de 29 %, malgré une poussée de plus 15 % qui a fait clôturer le titre à 50 cents, hier.

Les descendants de J.-A. Bombardier, qui détiennent 262 millions des 309 millions d’actions de catégorie A, ont donc vu la valeur de leurs intérêts dans la multinationale passer de 124 millions $ à 291 millions $ en une semaine.

Sur les babillards en ligne, des boursicoteurs se perdent en conjectures pour tenter d’expliquer la hausse subite des actions de catégorie A et l’écart grandissant avec le cours des actions de catégorie B. Habituellement, les deux titres évoluent en harmonie. Certains évoquent l’effet de transactions effectuées par des vendeurs à découvert, d’autres entrevoient carrément une vente de l’entreprise.

« Curieuse divergence »

Cette situation inusitée déroute également les experts qui suivent Bombardier.

« J’ai contacté l’entreprise et je ne vois rien pour expliquer cette très curieuse divergence », a confié au Journal Fadi Chamoun, analyste chez BMO Marchés des capitaux.

« Nous constatons, nous aussi, cet écart qui s’est creusé récemment. Cela semble indiquer que les investisseurs valorisent en ce moment davantage les droits [de vote multiples] rattachés aux actions de catégorie A », a indiqué Sylvain Théberge, porte-parole de l’Autorité des marchés financiers.

L’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières a quant à lui rappelé qu’il « surveille en temps réel les opérations » boursières et qu’« il peut communiquer avec les [entreprises] pour leur signaler toute activité inhabituelle qu’il détecte relativement à leurs titres et leur demander ce qui pourrait expliquer celle-ci. »