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Sur la trace des Vikings

Assassin's Creed: Valhalla
Photo courtoisie

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Le studio montréalais Ubisoft est prêt à aller loin pour s’assurer de la véracité des faits mis en scène dans sa populaire série Assassin’s Creed. Très loin, même. Pour sa dernière offrande, Valhalla, c’est jusqu’en Norvège que l’équipe s’est rendue pour marcher sur la terre des Vikings.

Évidemment, le produit final, disponible depuis le 10 novembre dernier, est un produit de divertissement et non une simulation historique. Ça, le producteur Julien Laferrière le précise d’entrée de jeu. 

N’empêche, à l’instar des entrées précédentes de la saga, cette nouvelle aventure est solidement ancrée dans l’Histoire qui s’est écrite, il y a de cela plusieurs siècles.

« Dans chacun des jeux de la série, l’Histoire devient notre terrain de jeu. Alors c’est important de bien faire nos devoirs », résume Julien Laferrière, en entretien au Journal.

« Mais au-delà de tout cela, on veut divertir les joueurs, leur raconter une histoire et surtout leur faire vivre des émotions », ajoute-t-il. 

Marge de manœuvre 

C’est là que le choix de la période historique explorée dans chaque nouveau jeu devient crucial. Des époques telles que la Renaissance, la Révolution américaine ou encore la guerre du Péloponnèse (toutes utilisées comme toile de fond des entrées précédentes) offrent un certain niveau de liberté fort prisé par les créateurs, leur permettant de s’y aventurer avec une certaine marge de manœuvre du point de vue narratif.

« Dans le cas de l’ère des Vikings, il y avait une grande tradition orale, alors beaucoup d’éléments historiques demeurent un peu flous. Pour nous, c’est là que ça devient super intéressant », indique Julien Laferrière. 

Ainsi, ces « flous historiques » peuvent abriter quelques libertés et moments de pure fiction. Mais pour le reste, pas question de tourner les coins ronds. C’est pourquoi le studio Ubisoft s’est appuyé sur le travail de nombreux experts et chercheurs pour fignoler Valhalla, où on prend contrôle d’un guerrier (ou une guerrière, au choix du joueur) pour explorer la Norvège, puis l’Angleterre. 

Respirer l’air norvégien

Mais même la plus exhaustive des recherches ne peut apporter certains éléments cruciaux. Voilà pourquoi une équipe du studio montréalais s’est rendue jusqu’en Norvège afin de suivre la trace des Vikings et de respirer le grand air nordique. 

« C’est une chose de parler à des experts et de se faire expliquer tout ça. Mais c’en est une autre d’aller sur place et voir les aurores boréales de nos propres yeux, de travailler avec des maîtres d’armes pour apprendre le maniement de la hache et du bouclier, de rencontrer des gens qui ont reconstruit des drakkars avec les techniques de l’époque. Tout ça, ça vient s’ajouter aux recherches et les approfondir », raconte Julien Laferrière. 

En effet. Et cette expérience, jumelée aux recherches menées en amont, leur a également permis de présenter un récit et un univers plus véridiques et éloignés des stéréotypes vikings usuels.  

« Quand on pense aux Vikings, on imagine souvent un grand barbu avec un casque à cornes qui parle en grognant », avance avec humour le producteur. 

« Mais ces gens, ils étaient des humains comme nous. Évidemment, ils ont été forgés par des conditions de vie difficiles, par une réalité qui était différente de la nôtre. Mais ils avaient des motivations politiques, ils voulaient faire prospérer leurs clans, ils ne pillaient pas nécessairement pour le plaisir, les femmes avaient une place super intéressante... C’est cette histoire-là qu’on voulait raconter avec Valhalla », termine-t-il.


Assassin’s Creed : Valhalla est présentement disponible sur PC, PS4, PS5, Xbox One et Xbox Series.

Grandiose épopée

Combats brutaux et sanglants, images à couper le souffle, quête captivante... Assassin’s Creed livre avec Valhalla un des meilleurs chapitres de sa populaire saga. Voilà qui n’est pas peu dire. 

Les fans l’attendaient avec impatience, ce nouveau Assassin’s Creed. Et ils ne seront pas déçus. Car le studio montréalais Ubisoft a su emmener le joueur (presque) entièrement ailleurs, tout en gardant l’essence qui a permis de faire le renom de la série. 

On se glisse ici dans la peau d’un Viking (dont on peut choisir le genre à notre guise), afin de parcourir d’abord la froide Norvège et ses paysages enneigés, puis l’Angleterre, lumineuse et luxuriante. Est-ce que le choix d’incarner un homme ou une femme a une incidence sur le déroulement du jeu et ses mécaniques de contrôle ? Non. Mais il permettra sans doute à plusieurs d’avoir un lien émotif plus fort et soutenu avec le héros qu’il contrôle. 

Lien émotif important

Car ce lien émotif, il est un des principaux éléments qu’approfondit ici Assassin’s Creed : Valhalla. Dès les premières minutes, il devient clair que le récit qu’on nous offre carbure en grande partie aux émotions. Notre héros est bien plus qu’un simple Viking qui pille sans vergogne territoire après territoire. Il a des motivations bien humaines, bien légitimes... et parfois même franchement bouleversantes. 

Le rendu visuel – c’est sur PS5 que l’auteur de ces lignes en a fait l’essai – est également particulièrement impressionnant, encore supérieur à ce à quoi les fans de longue date sont habitués. Des paysages austères de la Norvège aux vastes champs de l’Angleterre, chaque univers – voire chaque image – est époustouflant. 

À noter que ce Valhalla marque un tournant encore plus prononcé pour la série, qui flirte ici encore davantage avec les codes du RPG que ses prédécesseurs, nommément Origins et Odyssey. C’est plus poussé, plus assumé... mais peut-être aussi plus clivant. Certains fans apprécieront, d’autres beaucoup moins. 

Petit bémol, toutefois. Là où Valhalla perd des points, c’est sur le plan de ses mécaniques de contrôle. Souvent moins fluides qu’on l’aurait souhaité, elles viennent plomber l’expérience de jeu, autrement presque irréprochable. 

  • Assassin’s Creed : Valhalla (4/5)