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Séropositivité et sexualité

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La Semaine nationale du dépistage du VIH se terminera ce lundi, faisant ainsi suite au succès des journées du dépistage de 2018, 2019.

Le directeur général de la SCS, Gary Lacasse, souhaite que « les dépistages en santé sexuelle soient reconnus comme un service essentiel pendant la pandémie de COVID-19 ». 

Pourquoi en parler aujourd’hui ? Pour rendre le dépistage accessible, pour diffuser les bonnes informations, pour promouvoir la santé et les pratiques sécuritaires, pour favoriser le dialogue, la recherche d’aide et faire cesser la stigmatisation. Et parce que le 1er décembre, ce sera la Journée mondiale de lutte contre le sida.

La séropositivité en 2020

Même si le rapport à la maladie a considérablement changé, il n’en demeure pas moins que l’annonce du diagnostic impacte considérablement la vie des personnes déclarées séropositives, leur partenaire, ainsi que leur famille. 

Si, il y a 30 ans, les gens étaient considérés comme des pestiférés et que l’annonce de la maladie leur garantissait une mort quasi certaine dans les mois qui suivaient, le sujet du VIH, du sida, demeure encore tabou. Peurs et inquiétudes sont encore sur les lèvres. 

Benoît et Claude, en couple depuis 10 ans, tous deux séropositifs avec presque 30 ans d’écart d’âge, racontent : « Quand mon médecin m’a annoncé que j’étais séropositif, il m’annonçait en même temps qu’il ne me restait pas beaucoup de temps à vivre. On était en 1989. La maladie prendrait le dessus et je crèverais de ses complications. Sarcome de Kaposi assuré et autres dérèglements entraîneraient ma mort, le tout accompagné de souffrances intenses et, le comble, j’étais voué à mourir seul, dans un mouroir de sidéens. Les gens avaient peur de cette maladie comme de la peste. À l’écart pour être traité, regardé de travers lors de souper entre “amis”, je mets entre guillemets parce que c’est là que j’ai vu qui étaient mes vrais amis. Des pestiférés. Avec le recul, je les comprends, l’information était si alarmante qu’on ne pouvait pas vraiment faire autrement. Moi, j’essayais de survivre, pas de comprendre les autres. On passait de “on est séropositif” à “on a le sida” en moins de deux. J’ai pensé devenir fou. J’avais des amis qui mouraient autour de moi, en plus, même s’ils suivaient le traitement de l’AZT. Mais les années ont passé, les traitements se sont précisés, sont devenus meilleurs, et je ne suis pas mort ! ». 

L’histoire est différente pour Benoit, qui a reçu son diagnostic en 2004.

Mais même si, en 2020, les personnes ne meurent plus de la maladie, trop nombreuses sont-elles encore à vivre de la précarité, de l’isolement social, de la discrimination, de la stigmatisation. 

Briser l’isolement

Avec les mentalités évoluent les ressources, les possibilités de briser le silence pour obtenir de l’aide, du réconfort et croire en son avenir grâce à l’entraide, au soutien et aux bons soins.

Aujourd’hui, grâce aux traitements efficaces, on ne transmet plus la maladie. 

Selon les données de Santé Montréal, à Montréal, environ 10 000 personnes vivent avec le VIH. 

Les traitements actuels leur permettent d’avoir une meilleure santé et une espérance de vie semblable à celle de la population générale. Ces mêmes traitements empêchent aussi la transmission du virus durant les relations sexuelles.