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À la rescousse des classes mal ventilées

GEN-Portrait de Jocelyn Dame avec son purificateur d'air pour les écoles
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Normand Brais, vice-président fondateur et Jocelyn Dame, président de SANUVOX montrent les purificateurs d’air qui peuvent être installés en moins de deux minutes.

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Face à la vétusté des systèmes de ventilation d’un grand nombre d’écoles au Québec, la Fondation Jasmin Roy lance un appel aux dons afin d’offrir des purificateurs d’air aux établissements scolaires qui en ont besoin pour ainsi réduire les risques de propagation de la COVID-19.

« Ça coûte 1000 $ par classe. Ce n’est pas énorme. On veut faire notre part et le gouvernement pourrait faire la sienne », lance Jasmin Roy, président fondateur de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais.  

Il a eu envie de passer à l’action en voyant mercredi les résultats d’un projet secret réalisé par le collectif COVID-STOP, qui regroupe des épidémiologistes et des médecins notamment. Environ 75 % des classes testées affichaient des taux de CO2 excédant le seuil recommandé. Cela démontre des problèmes de ventilation importants favorisant la transmission du virus. 

Ouvrir les fenêtres

Vendredi, un rapport dévoilé par le ministre de l’Éducation a démontré que plus de la moitié des écoles du Québec ne sont pas dotées d’un système de ventilation mécanique et devront ouvrir les fenêtres cet hiver.

« Ouvrir les fenêtres à -30 degrés, je ne sais pas comment les jeunes vont réagir », lance M. Roy. 

« J’ai de la misère à comprendre pourquoi [le gouvernement du Québec] n’écoute pas les experts qui disent qu’il faut mettre des efforts sur la ventilation des écoles », ajoute-t-il en faisant référence à l’expérience menée par COVID-STOP.

M. Roy souhaite que les écoles n’aient pas à refermer leurs portes après les Fêtes si le nombre de cas augmente. 

« On a fait un colloque sur le bilan de la rentrée scolaire. Il en est ressorti que les jeunes qui ne sont pas à l’école en présentiel sont moins motivés et réussissent moins. Nous devons tout faire pour les garder à l’école afin d’éviter des reculs dans les apprentissages, la démotivation et le décrochage scolaire », explique-t-il. 

Et pour faire partie de la solution, la Fondation s’est associée à deux entreprises : BAULNE, spécialiste en mécanique du bâtiment, ainsi que SANUVOX, qui fabrique notamment des purificateurs d’air. Pour 1000 $, SANUVOX pourrait équiper une classe de deux purificateurs Biopür, un appareil qui utilise un processus à rayons UV afin de stériliser l’air. 

« Ça prend 2 minutes à installer ; on le sort de sa boîte et on le branche dans le mur », explique le président de SANUVOX, Jocelyn Dame.


En ajoutant deux purificateurs d’air avec la technologie HEPA dans une classe, le risque de contracter la COVID-19 par aérosol est diminué par environ deux, selon la physicienne Nancy Delagrave.

L’importance de la transmission aérienne  

Le collectif COVID-STOP estime que la Direction de la santé publique devrait reconnaître l’importance de la transmission aérienne de la COVID-19 et le rôle d’une bonne ventilation pour lutter contre la propagation du virus. 

« Il n’y a pas de raison pour que la Santé publique n’ait pas déjà été alertée à propos de la transmission aérienne et sur l’importance de préparer les écoles pour la rentrée. Mais presque rien n’a été fait », déplore l’épidémiologiste Michel Camus.

Alors que les Nations Unies reconnaissent le risque d’une transmission aérienne depuis juillet, Québec tarde à faire de même. 

« À l’école, on désinfecte chaque crayon après le passage des enfants même s’il y a très peu – sinon pas – de transmission par les objets. Le geste à poser serait plutôt d’ouvrir les fenêtres et la porte pour aérer », explique Marie-Michelle Bellon, spécialiste en médecine interne.

Selon elle, la science démontre que la transmission aérienne est « la voie dominante » dans les lieux fermés où il y a plusieurs personnes pendant plus de 15 minutes, en particulier lorsque l’aération et la ventilation sont déficientes.

« Et ces conditions sont toutes réunies dans les classes, devenues des lieux importants de transmission communautaire », insiste-t-elle.