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Immigration et racisme

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Photo AFP Trump a raison de vouloir que les États-Unis, comme la plupart des pays développés, choisissent leurs immigrants

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Les États-Unis vont-ils demeurer encore longtemps une terre d’immigration ? La réponse à cette question est de moins en moins évidente. Car si l’approche de Donald Trump à l’égard de l’immigration est pour le moins condamnable, ce dernier soulève cependant des problèmes très réels.

Les avocats de Trump se présentent aujourd’hui devant la Cour suprême américaine pour soutenir que les immigrants illégaux doivent être exclus du grand recensement qui a lieu tous les 10 ans aux États-Unis.

  • Écoutez la chronique de Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

D’après la Constitution, le recensement est basé sur « le nombre de personnes de chaque État ». Mais les immigrants illégaux habitent-ils le territoire ?

La Constitution répartit le nombre de représentants de chaque État au Congrès en fonction de leur population respective. Comme les 11 millions d’immigrants illégaux se concentrent dans des États démocrates, ne pas les compter ferait perdre des représentants aux États démocrates. Ne pas les compter leur ferait aussi perdre une partie des transferts financiers du gouvernement fédéral.

Conséquences sur l’immigration

Si jamais la Cour tranchait en faveur de Trump, les immigrants illégaux deviendraient immédiatement un lourd fardeau fiscal pour les États, ce qui les obligerait probablement à prendre des mesures contre leur installation dans leur territoire.

Inversement, une décision favorable à l’inclusion des immigrants illégaux, jointe aux politiques pro-immigration annoncées par Joe Biden, risque de provoquer un afflux massif d’immigrants aux États-Unis.

Joe Biden a promis de régulariser la situation des 11 millions d’immigrants illégaux. Pourtant, ces immigrants, qui sont en grande partie latino-américains, ne voteraient pas majoritairement pour les démocrates. Les Latino-Américains votent en majorité pour les républicains. Selon Obama, c’est parce qu’ils font souvent passer leurs convictions contre l’avortement et contre le mariage gai avant les autres questions politiques.

Par ailleurs, la situation de l’emploi change aux États-Unis comme dans les autres pays développés. Les nouvelles technologies numériques devraient bouleverser le marché de l’emploi.

Ce nouvel environnement de l’emploi exigera un niveau de maîtrise de la langue et un niveau d’éducation que la plupart des immigrants illégaux ne possèdent pas. En ce sens, Trump a raison de vouloir que les États-Unis, comme la plupart des pays développés, choisissent leurs immigrants.

Démocrates peu rationnels

Le problème est que les démocrates n’ont pas une approche très rationnelle de l’immigration. Pour eux, toute immigration est nécessairement bonne. L’assimilation des immigrants, qui est pourtant une condition impérative pour conserver l’harmonie sociale, est délaissée au profit d’un multiculturalisme primaire qui se contente de la coexistence parallèle de différentes cultures.

D’ici une vingtaine d’années, les minorités formeront la majorité de la population américaine.

Malheureusement pour les États-Unis, comme les minorités baignent dans une société raciste, elles ont souvent elles-mêmes incorporé des attitudes racistes. Celles-ci s’affirment de plus en plus contre les autres minorités et contre la majorité blanche anglo-saxonne.

Malheureusement aussi, ce genre d’attitude a traversé la frontière nord des États-Unis.