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Imposer Mathieu Bock-Côté

Couverture du livre «L'empire du politiquement correct» de Mathieu Bock-Côté.
Photo courtoisie Couverture du livre «L'empire du politiquement correct» de Mathieu Bock-Côté.

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L’Association des libraires du Québec (ALQ) ne prévoyait certainement pas de causer autant de remous en retirant de ses médias sociaux une publication contenant la liste des lectures proposées par le premier ministre François Legault.

Si les commentaires sur la publication étaient durs, ce n’était rien comparativement à ceux qui ont suivi son retrait.

Considération pour le messager

Quel État peut s’enorgueillir d’avoir à sa tête un leader qui parle ouvertement de lecture?

En prenant ses décisions, l’ALQ ne semble pas avoir considéré le privilège que le premier ministre Legault accordait en se prêtant au jeu de la liste de lecture, en pleine pandémie, par surcroît.

On peut aimer ou non le premier ministre, son style et ses politiques, mais l’institution qu’il représente commande un respect que personne ne devrait oublier.

Le choc des idées

Et qu’en est-il de la suggestion de lecture du livre de Mathieu Bock-Côté L’empire du politiquement correct? Vivement une lecture imposée!

Sur ce, vous me direz que je défends la maison, qu’entre chroniqueurs, chez Québecor, on se protège les uns les autres? Eh bien non.

La seule chose que nous avons en commun, monsieur Bock-Côté et moi, c’est le privilège d’écrire dans les pages du Journal. Sinon, presque rien ne nous rassemble, surtout que je n’ai jamais rencontré monsieur ou discuté avec lui et qu’habituellement, je ne partage absolument pas ses opinions.

Mais c’est justement pour cette raison que je crois que nous pourrions tous bénéficier de la lecture de ses écrits. Ne serait-ce que pour réaliser que la pensée unique est dangereuse, pour mettre au défi nos convictions, pour confronter nos a priori et pour apprendre à voir un peu plus loin que le bout de notre nez.

Au lieu de lire uniquement ceux qui pensent comme nous, nous devrions tous essayer, de temps à autre, de goûter à la soupe du voisin.

Ça remet les yeux vis-à-vis des trous et ça nous décolle un peu de notre nombril.