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Jean Airoldi n’a pas dit son dernier mot

Le célèbre créateur de mode québécois s’est lancé ce printemps dans la fabrication de masques de protection

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Photo courtoisie Jean Airoldi revient à ses premiers amours. Il lance notamment sa collection de vêtements pour Noël.

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Jean Airoldi avait mis une croix sur sa carrière de designer pour se lancer dans l’immobilier. Puis est arrivée la pandémie.

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Comme pour bien d’autres, la pandémie a forcé Jean Airoldi à changer ses plans. Ayant mis un trait sur le design de mode, l’année 2020 devait marquer le début d’une nouvelle carrière pour lui, celle de courtier immobilier. Freiné dans son élan, il s’est plutôt lancé dans la fabrication de masques de protection au printemps. 

« Il me restait à passer l’examen obligatoire pour devenir courtier quand la pandémie s’est annoncée, explique le chroniqueur et designer de mode. Des gens m’ont dit que ce serait une bonne idée de faire des masques. J’ai commencé par dire non, mais comme mon atelier de couture était intact dans la maison de ma mère, je me suis dit pourquoi pas. Finalement, je me suis amusé à faire des masques. »

Il n’en fallait pas plus pour qu’il reprenne goût à la création et dessine une nouvelle collection de vêtements pour femmes spécialement pour Noël, qui est vendue exclusivement en ligne. « Elle comporte peu de pièces, mais elles sont faciles à agencer pour créer des tenues variées pour différentes occasions », explique-t-il. 

Il a aussi ajouté une collection de pyjamas La famille ours, en édition limitée, qui convient à toute la famille. 

« On vient tout juste de mettre en marché un modèle pour les ados, avec un dessin d’ours portant une coiffure mohawk, affichant son côté rebelle », ajoute le designer.

Il envisage offrir éventuellement sa collection en taille plus. « J’y vais un marché à la fois, mais ça viendra. La demande est là. »

Nouveau canal de distribution

Ce retour à ses premiers amours a ceci de différent qu’il expérimente la vente en ligne pour la première fois de sa carrière. 

« Au début, ça ne me tentait pas trop d’investir dans une boutique en ligne. J’ai 52 ans, deux enfants, je ne voulais pas piger dans mes économies durement gagnées », raconte-t-il. 

Il y a finalement vu une nouvelle manière plus directe de rejoindre sa clientèle. Il a aussi trouvé une associée, Josée Gagnon, une amie de longue date. 

« Ça faisait quelques années qu’on voulait se lancer en affaires ensemble. Juste avant le début de la pandémie, on a failli acheter une crèmerie. On est contents que ça n’ait pas marché. » 

Une bonne partie de sa collection est fabriquée au Québec, le reste en Chine. 

« J’ai contacté mes anciens fournisseurs qui sont capables de répondre à mes attentes en matière de qualité. Mon objectif était d’offrir des prix compétitifs. Il y a aussi qu’au Québec, les ateliers de confection se font plus rares. » 

Il reste que de plus en plus de consommateurs cherchent la mention « Fabriqué au Québec ». 

« La provenance des différents vêtements est bien indiquée sur notre site. En fin de compte, c’est l’acheteur qui décide. »

Retour en boutique ?

Pour maintenir le contact avec sa clientèle, il n’a pas hésité à prendre la route cet été pour faire le tour des marchés publics afin d’y vendre ses masques. 

« Les gens évitaient ainsi les délais de livraison. Dès que cela sera possible, je pourrai faire de même avec les vêtements en organisant des boutiques pop up. » Il ne dit pas non à un retour en boutique, « mais chaque chose en son temps ». 

Airoldi Couture emploie actuellement neuf personnes à temps plein. 

« À certains moments, il y a eu jusqu’à 80 personnes qui ont travaillé à l’expédition des masques, dit-il. Mes deux filles, qui ont 12 et 14 ans, ont aussi mis les mains à la pâte comme d’autres membres de ma famille. »

Et l’immobilier dans tout ça ? 

« C’est toujours dans mes plans. Je tiens à le faire pour le futur. C’est un domaine qui me passionne et je me dis que je peux très bien faire les deux. » 

Surtout qu’ils se concilient bien. Dans un avenir rapproché, il compte lancer une gamme complète d’articles de maison signée Airoldi. Un rêve qu’il nourrit depuis longtemps.