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Les Québécois francophones sont Hot!

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Il aura suffi d’un reportage, celui de Marie-Lise Mormina du Bureau d’enquête, pour que le dossier de la défense du français, oublié depuis des lustres dans le fond d’une boîte, réapparaisse sur le dessus de la pile des dossiers chauds.  

Libéraux fédéraux, libéraux provinciaux, conservateurs – tous les partis que l’on associe généralement aux anglophones et aux allophones courtisent maintenant les francophones. 

LE ROI DE LA POLY

Autrefois p’tit gros boutonneux que personne ne remarquait dans la cour d’école fédéraliste, le Québécois francophone est devenu l’étudiant le plus populaire de la polyvalente !

Dominique Anglade lui fait de beaux yeux ! Mélanie Joly lui envoie des bisous ! Erin O’Toole veut être son ami !

Avant, quand c’était le temps de former les équipes de ballon-chasseur, le Québécois francophone était toujours le dernier choisi.

Maintenant, les capitaines des différentes équipes se livrent une chaude lutte pour savoir qui lui mettra le grappin dessus le premier !

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Marwah Rizqy lui a même demandé de l’accompagner au bal des finissants !

Bref, le Québécois francophone ne sait plus où donner de la tête. 

Pourtant, il n’a pas changé. Que s’est-il passé pour que de vilain petit crapaud, il soit devenu le prince de l’école ?

Qui sait ? Il doit peut-être son nouveau statut de célibataire le plus convoité à ce culte de la victime qui gagne de plus en plus d’adeptes depuis quelque temps. 

En effet, en 2020, rien de moins sexy qu’une communauté vigoureuse. 

On aime les minorités menacées, les communautés fragiles qui tirent le diable par la queue. 

Plus tu fais pitié, plus on va s’intéresser à toi. 

Et s’il y a quelque chose que le reportage du Bureau d’enquête a montré, c’est qu’à Montréal, le Québécois francophone en arrache.

D’où, peut-être, cette soudaine démonstration d’amour. 

On a peur que l’affaiblissement du français nous pousse de nouveau dans les bras des indépendantistes que l’on croyait morts et enterrés.

Alors on nous envoie des fleurs et des bonbons. 

Comme en 1995. 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec le député conservateur Alain Rayes sur QUB radio:

LA GRANDE SÉDUCTION DES CONSERVATEURS

Les conservateurs ont sorti le grand jeu. 

Vous avez entendu le discours d’Erin O’Toole ? C’était tout simplement historique. 

Car non seulement le chef du PCC a-t-il associé la défense du français à « un devoir patriotique ».

Non seulement a-t-il déclaré que « c’est une responsabilité des politiciens canadiens de protéger le français au Canada ».

Non seulement a-t-il dit que le français « fait partie de l’identité profonde de notre pays ».

Mais il a tiré le tapis sous les pieds des Anglo-Québécois !

Les anglophones du Québec ont toujours établi un parallèle entre eux et les francophones qui habitent dans le reste du pays. 

« Si vous nous enlevez des droits, vous acceptez que les gouvernements des autres provinces enlèvent des droits à leurs citoyens francophones ! »

Or, Erin O’Toole a dit que cette comparaison ne tenait pas. Car les Anglo-Québécois, tout minoritaires fussent-ils au Québec, font partie de la majorité en Amérique du Nord !

Opportuniste ? Quel politicien ne l’est pas ?

Mais je crois monsieur O’Toole sincère. 

Il a mis un genou par terre et a fait sa grande demande.

Reste à voir si la magnifique bague qu’il a sortie de sa poche plaira aux Québécois.