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Présidentielle américaine: pas «vu de fraude» suffisante pour changer le résultat, soutient le ministre de la Justice

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Le ministre américain de la Justice, Bill Barr, a déclaré mardi ne pas avoir constaté «de fraude» suffisante pour invalider la victoire de Joe Biden à la présidentielle, contrairement aux affirmations de Donald Trump.

Cet ultra conservateur de 70 ans est le premier membre de la garde rapprochée du président à prendre ses distances publiquement avec les allégations d’élection «truquée» martelées par M. Trump.

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«À ce stade, nous n’avons pas vu de fraude à une échelle susceptible de changer le résultat de l’élection», a déclaré ce fidèle soutien du président républicain dans un entretien à l’agence américaine Associated Press.    

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«Il y a eu des allégations de fraudes systématiques, selon lesquelles des machines auraient été programmées pour fausser les résultats des élections», a-t-il rappelé. Mais les ministères de la Sécurité intérieure et de la Justice «ont enquêté et, pour l’instant, n’ont rien trouvé pour les étayer».

À la mi-journée, mardi, Bill Barr a été aperçu à la Maison-Blanche, et de nombreux commentateurs spéculaient sur son possible départ du gouvernement.

«Je suppose qu’il sera le prochain à être limogé puisque lui aussi dit désormais qu’il n’y a pas eu de fraude», a déclaré le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

Quatre semaines après le scrutin, Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite. Avec ses alliés, il a introduit des dizaines de recours en justice qui, pour la plupart, ont été rejetés par les tribunaux ou abandonnés.

«Tout notre respect»

Dimanche, il avait reproché au ministère de la Justice et à la police fédérale de ne pas l’aider dans son combat. «Ils sont portés disparus», avait-il dit sur la chaîne Fox News.

«Il y a une tendance croissante à utiliser le système judiciaire comme outil pour régler tous les problèmes et quand les gens sont mécontents de quelque chose, ils attendent que le ministère de la Justice débarque et "enquête"», a regretté Bill Barr.

Ce pilier du gouvernement, très apprécié des élus républicains, s’était gardé jusque-là de contredire le président et avait même, avant l’élection, abondé en son sens, en mettant en cause la fiabilité du vote par correspondance.

Début novembre, il avait autorisé les procureurs fédéraux à enquêter sur des soupçons de fraude sans attendre la certification des résultats par les États, contrairement aux usages. Mais il les avait appelés à intervenir uniquement en cas d’allégations «substantielles» et «crédibles».

Ses déclarations représentent donc un coup particulièrement dur pour Donald Trump.

Dans un communiqué, les avocats du président ont cherché à les minimiser.

«Avec tout notre respect pour l’Attorney General, il n’y a eu aucun semblant d’enquête au ministère de la Justice», ont écrit Rudy Giuliani et Jenna Ellis dans un communiqué.

«Son opinion ne semble pas basée sur une connaissance ou une enquête sur des irrégularités substantielles et des preuves de fraude systématiques», ont-ils ajouté, en promettant de «poursuivre leur quête de la vérité».

Lors du scrutin du 3 novembre, l’ancien vice-président Joe Biden a remporté plus de 80 millions des suffrages contre un peu moins de 74 millions pour Donald Trump.

Le démocrate a réussi à reprendre une poignée d’États-clés qui avaient voté pour le républicain en 2016 et dispose de 306 grands électeurs contre 232 pour son rival.

Même si le président sortant ne reconnaît pas sa défaite, le collège électoral devrait donc confirmer la victoire de Joe Biden le 14 décembre pour une prise de fonction le 20 janvier.