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Protégeons ce qui nous reste des forêts en Montérégie

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En jetant un coup d’œil sur une photographie aérienne de la vallée du Saint-Laurent, impossible de ne pas remarquer les rares taches vertes, résidus de la forêt qui constituait jadis la vallée; les collines montérégiennes.  

Leurs peuplements forestiers sont parmi les plus bio-diversifiés du Québec. Au sud de la grande région de Montréal, la démographie génère une pression intenable sur ces îlots boisés. 

En regard de nos engagements internationaux, l’ajout de ces 9 collines dans le territoire protégé Québécois, pourrait nous permettre de faire un bond vers l’objectif de 17% du territoire protégé. Pour nos décideurs publics, une magnifique occasion de démontrer qu’ils se soucient de la qualité de vie des générations futures. 

Photo courtoisie

Des aires menacées

Les montérégiennes sont de tenure privée. Certaines sont possédées par plus de cent propriétaires. Bien que plusieurs font des efforts pour utiliser leurs boisés de façon respectueuse de la capacité de support de l’écosystème, les pressions extérieures apportent une réelle dégradation. 

Voici quelques menaces existantes : les véhicules motorisés tout terrain (quads, motocyclettes, camionnettes 4 roues motrices modifiées), la coupe forestière non contrôlée et abusive, la construction de bâtiments, la fréquentation anarchique par des non-propriétaires. 

Il est difficile pour les propriétaires et pour les municipalités de mettre en place des structures d’utilisation qui permettraient le respect des zones sensibles. Rien n’existe pour amoindrir les menaces, c’est le « far-west ». Les propriétaires sont démunis et obtiennent peu de support. En moins d’une heure, il est possible de détruire un milieu humide qui aura mis des milliers d’années à se constituer. 

Une solution moderne et innovante

Le 13 octobre 2016, se sont tenus les assises montérégiennes. Cet événement a réuni des citoyens, des organismes de conservation ou touristiques, des représentants et élus de la plupart des municipalités de la Montérégie. 

Le communiqué final mettait l’accent sur la nécessité que l’ensemble des collines montérégiennes puissent jouir d’une reconnaissance en tant qu’un tout biogéographique à protéger avec mise-en-valeur permettant un développement durable. 

Nous connaissons déjà le modèle des parcs nationaux et des réserves naturelles publiques. D’autres modèles existent pour les territoires détenus par un seul ou quelques propriétaires privés. Mais une nouvelle possibilité mériterait d’être examinée. Il s’agirait, par décret ou autre mécanisme, de déclarer que toutes les montérégiennes soient dorénavant protégées contre toute nouvelle construction et contre toute dégradation anthropique de leurs milieux naturels. Une telle protection par l’état n’existe pas pour les propriétés privées. Ce serait une nouvelle forme de statut de protection avec maintien de la tenure privée et des exploitations durables existantes. 

Une organisation gouvernementale serait créée pour chapeauter le territoire. L’implication volontaire des propriétaires serait favorisée avec de meilleurs outils d’exploitation durable de leurs terres, mais aussi pour les surveiller. 

La création d’une structure de surveillance avec du personnel en nombre suffisant y serait ajoutée. Ce modèle existe ailleurs notamment aux États-Unis comme dans les Adirondacks tout près. Soyons innovants et protégeons ce qui nous reste d’îlots forestiers en Montérégie. 

Photo arrière plan, courtoisie Rose-Anne Bouthillier

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