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Vaccins: les premières doses cette année?

Le Canada continue d’espérer recevoir les premiers vaccins contre la COVID-19 ce mois-ci

Vaccins: les premières doses cette année?
Joël Lemay / Agence QMI

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Le Canada s’est assuré d’être dans le peloton de tête pour recevoir les premiers lots de vaccins contre la COVID-19 dès ce mois-ci, en se livrant à une guerre féroce pour rafler le plus de doses possible à une vitesse record.

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«Le Canada pourrait bien recevoir des vaccins ce mois-ci, s’ils sont homologués», estime Andrea Taylor, chercheuse principale au Duke Global Health Innovation Center, aux États-Unis.

Son centre de recherche est basé à l’Université Duke, une institution reconnue mondialement pour son expertise en santé publique.

Mme Taylor explique qu’en achetant un nombre massif de doses et en signant des contrats très tôt avec les compagnies pharmaceutiques, le Canada s’est assuré une place privilégiée dans la chaîne de distribution.

Au total, le pays a commandé 358 millions de doses auprès de sept fabricants majeurs. Il a en plus été parmi les premiers au monde à s’engager massivement, signant dès le 5 août avec Moderna pour 20 millions de doses. C’était bien avant que l’entreprise américaine n’ait en main un produit viable.

Achats anticipés

«Être le premier à s’engager à investir une large somme revient à être le premier dans la liste de distribution», indique Mme Taylor.

L’achat en avance est une pratique courante dans l’industrie pharmaceutique. Elle permet de stimuler le développement de produits et de financer les tests cliniques. En quelque sorte, cela revient à acheter un condo sur plan: la mise de fonds des acheteurs permet au promoteur de développer le projet.

Le président de Moderna, Noubar Afeyan, a lui-même assuré à la chaîne de télé CBC que «le Canada n’est pas à l’arrière de la file d’attente».

Moderna approvisionnera néanmoins en priorité les États-Unis, indique Mme Taylor, puisque ce sont les Américains qui ont investi le plus dans le développement du vaccin et que c’est chez eux que seront produites les fioles.

Pour les mêmes raisons, Pfizer et son partenaire allemand BioNTech fourniront en priorité l’Union européenne, les États-Unis et le Royaume-Uni.

Couvrir tout le monde

Les pays sont encouragés à acheter autant de doses de vaccins que possible et à choisir un large éventail de candidats dans le but d’accroître leurs chances de couvrir toute leur population, explique Mme Taylor.

À ce titre, le Canada est le pays qui a commandé le plus de doses par habitant, loin devant le Royaume-Uni et l’Australie, indiquent les données compilées par l’Université Duke.

«D’un point de vue strictement domestique, le Canada a absolument pris de bonnes décisions. Faire autrement aurait un coût politique catastrophique. Les gouvernements sont jugés sur leur capacité à protéger leur population», souligne Mme Taylor. 

Le manque de solidarité pourrait coûter cher  

La course aux vaccins dans laquelle le Canada s’est engagé lui assurera certes d’être fourni rapidement, mais elle n’est pas une garantie de reprise économique solide.

Elle est telle que plus de doses qu’il n’y a de Terriens ont déjà trouvé preneur, soit 9,8 milliards de petites fioles pas encore produites ni même testées; 7,1 milliards ont d’ores et déjà été achetées et des négociations visent 2,6 milliards d’autres. 

Mais cela ne veut pas dire que tous les humains seront vaccinés. 

Premièrement, il n’y a aucune garantie que les candidats vaccins commandés passent toutes les étapes de développement et d’homologation avec succès. 

Deuxièmement, au jeu de l’achat anticipé de vaccins, les pays les plus riches ont accaparé les vaccins des fabricants les plus prometteurs, laissant bien peu aux plus pauvres. 

Interdépendance 

Or, si toute la planète n’a pas accès aux vaccins équitablement, les 10 pays les plus riches du monde, dont le Canada, pourraient perdre collectivement 153 G$ US en 2020-2021 et 466 G$ US d’ici 2025, selon les calculs de l’Eurasia Group, dévoilés par l’Organisation mondiale de la santé jeudi.

Ces pertes sont attribuables à la profonde interconnexion et à l’interdépendance des chaînes d’approvisionnement et de production mondiales, explique Andrea Taylor, du Duke Global Health Innovation Center.

«Même si les États-Unis sont le premier partenaire commercial du Canada, il y a d’autres pays plus pauvres qui jouent un rôle dans la chaîne d’approvisionnement de tout ce qui est consommé au Canada. S’il y a un problème à un maillon de cette chaîne à cause du virus, c’est toute la chaîne qui en souffre», dit-elle.

Faire la charité 

Pour assurer un combat équitable contre la maladie, le Canada s’est joint à l'initiative COVAX, qui rassemble des pays riches et moins riches investissant dans des doses de vaccins.

Cette initiative internationale a été conçue pour assurer que tout le monde ait accès aux vaccins en même temps. L’objectif était originellement de distribuer à tous les membres suffisamment de doses pour couvrir 3% puis 20% de leur population.

Mais, dans les faits, «les pays riches utilisent COVAX pour faire la charité aux plus pauvres, et ils vident les rayons avant que COVAX n’ait pu mettre la main sur des doses», déplore Mme Taylor.

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