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Coupable du meurtre d’une travailleuse de la santé

Le jeune Inuit a été condamné à la prison à vie sans libération avant 25 ans, vendredi

PH-Facebook
Photo tirée de Facebook La victime Chloé Labrie et son copain, Ryan Orshinsky.

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Un jeune Inuit a été condamné à la prison à vie, vendredi, après avoir été déclaré coupable du meurtre prémédité d’une travailleuse de la santé, commis il y a un an et demi.

Le crime odieux avait choqué toute la province en juin 2018. Chloé Labrie a été retrouvée gisant dans son sang, dans une résidence du village de Kuujjuaq, dans le Nord-du-Québec.

Si la petite communauté tissée serrée de 2700 âmes doit composer avec de nombreux problèmes sociaux, les homicides y sont extrêmement rares.

La maison du couple à Kuujjuaq, quelques jours après le drame, qui a secoué la communauté.
Photo d'archives, Claudia Berthiaume
La maison du couple à Kuujjuaq, quelques jours après le drame, qui a secoué la communauté.

L’assassinat de la technologue médicale de 28 ans était d’autant plus révoltant puisqu’elle a été ciblée au hasard par un jeune homme déjà lourdement criminalisé.

Randy Koneak a été arrêté le lendemain du meurtre et est resté détenu depuis. 

Or, l’Inuit de 22 ans pourrait bien passer le reste de ses jours derrière les barreaux, puisqu’un jury l’a reconnu coupable du pire crime du Code criminel hier. 

L’accusation de meurtre prémédité est assortie d’une peine automatique de détention à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Lors du procès de cinq semaines, présidé par le juge de la Cour supérieure Guy De Blois, de nombreux détails quant aux circonstances du drame ont été dévoilés.

Le soir du 11 juin 2018, Chloé Labrie a soupé avec son copain Ryan Orshinsky, un mécanicien de la compagnie Air Inuit.

Ce dernier a quitté la résidence no 270 vers 22 h 45 pour retourner au travail, tandis que la jeune femme originaire de Victoriaville naviguait sur son ordinateur sur le sofa.

Quand il est rentré du boulot, peu après 3 h, il a trouvé sa copine des deux dernières années et demie inerte dans le salon.

Ses pantalons de pyjama et ses sous-vêtements étaient sur le sol, où les policiers ont également trouvé du sang et l’anneau vaginal de Chloé Labrie. Celle-ci avait des lésions au niveau des parties intimes, ce qui suggérait de prime abord une agression sexuelle.

Aveux

Le tueur, Randy Koneak, a été condamné à la prison à vie vendredi.
Photo tirée de Facebook
Le tueur, Randy Koneak, a été condamné à la prison à vie vendredi.

Les enquêteurs des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec ont vite pu remonter jusqu’à Koneak, puisqu’il avait révélé à sa cousine avoir « tué quelqu’un » le soir même. Il avait emprunté la Mazda 3 de celle-ci et volé une arme à feu de calibre .22 dans une première résidence avant de se rendre chez la victime.

Lors d’une discussion avec un policier pendant qu’il était en cellule, le jeune homme a relaté avoir tiré un premier coup de feu à travers la fenêtre, défoncé la porte à coups de pied, puis tiré un second projectile.

Les balles ont atteint la victime à la tête.

En colère contre la vie, il aurait « tué n’importe qui » ce soir-là, puisqu’il voulait retourner en prison, a-t-il précisé. 

L’ADN de la victime a été retrouvé sur ses mains et ses sous-vêtements.

Koneak a témoigné au procès, niant les aveux faits antérieurement.

Pas fait exprès

La défense soutenait que, soit le jeune homme n’avait pas tué Chloé Labrie, soit il avait tiré sans vouloir l’atteindre.

Me Claudia Carbonneau, de la Couronne, a quant à elle demandé au jury s’il était raisonnable de croire qu’une personne va mourir si on lui tire deux balles en pleine tête.

Il semble que les 12 citoyens lui ont donné raison. « Justice a été rendue », a-t-elle commenté après le verdict.