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Noël dans le sud pour plusieurs

L’annulation des rassemblements influence le choix des Québécois

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Photo Joël Lemay Tina Beaulieu, propriétaire de l’agence Voyages N.T. Air, a vendu 19 voyages lors de la dernière semaine, elle qui n’en avait vendu que 14 de mars à novembre.

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L’annonce de l’annulation des rassemblements pour Noël en raison de la pandémie, jeudi, a provoqué une ruée vers les agences de voyages, certains Québécois cherchant à profiter du congé pour s’évader.  

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Frustrés de ne pouvoir célébrer Noël en famille, de nombreux Québécois se pressent de réserver un vol à l’étranger pour le temps des Fêtes, d’après des agences de voyages.  

Pour Tina Beaulieu, propriétaire de l’agence Voyages N.T. Air à Montréal, les journées sont bien remplies depuis quelques jours.

« Entre mars et novembre, je n’ai vendu que 14 voyages, alors que, depuis une semaine, j’en suis à 19. [Depuis l’annonce du gouvernement qui interdit les rassemblements à Noël,] j’ai déjà reçu quatre messages. Les gens veulent vraiment partir dans le sud », relate Mme Beaulieu.

« Ce sont des [réservations] de frustration, les gens sont émotifs. À Noël, c’était le seul moment où les gens pouvaient avoir un semblant de normalité et là on vient de leur retirer. Ils sont écœurés », laisse aussi entendre Mélanie Guillemette, propriétaire de Voyages Aqua Terra Lévis. 

En famille

Selon Mme Beaulieu, de nombreux Québécois optent pour le voyage afin de pouvoir passer les fêtes de fin d’année avec leur famille, sans avoir de contravention.

« Il y a des voyages à Cuba qui coûtent moins cher [que l’amende du gouvernement pour les rassemblements, qui peut aller jusqu’à 1500 $ avec les frais de dossier]. Donc c’est sûr qu’il y a des gens qui vont partir et respecter les mesures d’isolement pour leur retour de voyage en revenant au Québec », soutient Mme Beaulieu.

Depuis quelques jours, les appels ont commencé à se faire de plus en plus nombreux, au sein de l’entreprise, pour avoir des informations sur les différents forfaits. Mais quand le premier ministre Legault a annoncé l’annulation du « contrat moral » des Fêtes jeudi après-midi, la ligne téléphonique a explosé.  

« Je ne vous le cacherai pas, on a fait notre meilleure semaine depuis plusieurs mois à cause de ça ! Au final, cette annonce-là, c’était une bonne nouvelle pour nous », lance Mme Guillemette. 

Consignes

Cette dernière assure informer tous les clients qui font affaire avec elle de l’ensemble des consignes sanitaires à respecter, en leur faisant notamment signer un document qui atteste qu’ils sont au courant des politiques en vigueur.

De son côté, Christian Guillet, directeur général de Voyages Louise Drouin à Drummondville, il y a aussi eu quelques réservations de voyage pour le sud.

« On ne fait pas la promotion des voyages à l’étranger, car le gouvernement canadien dit de ne pas voyager à l’étranger. Cependant, on répond tout de même à la demande de nos clients qui veulent voyager dans le sud », affirme M. Guillet.

Le 24 novembre dernier, le premier ministre du Québec avait pourtant indiqué en point de presse que ce n’était « vraiment pas une bonne idée d’aller à l’étranger [...] tant qu’il n’y aura pas de vaccin ». 

Peu coûteux 

Bien que la contrainte de l’isolement de deux semaines au retour demeure un enjeu important, l’attrait des forfaits ridiculement bas jumelé à l’impossibilité de voir ses proches à Noël en a poussé plusieurs à faire le grand saut. 

« Je n’ai jamais vu de tarifs aussi bas pour passer les Fêtes dans le sud ! », confirme Mélanie Guillemette.

Bien que la crainte de contracter la COVID-19 à l’étranger demeure présente dans l’esprit de certains, Annie Auclair de Voyages Saint-Augustin assure qu’il n’en est rien. 

Pour elle, les risques de contracter la maladie dans l’avion ou dans un tout-inclus au Mexique, par exemple, sont moindres qu’au Québec. 

« Les pays qui dépendent du tourisme ont tout à gagner à ce que ça se passe bien, donc les mesures sont très bien respectées. Et il y a moins de risques qu’ici parce qu’en plus, on est tout le temps dehors », conclut-elle. 

Mentionnons toutefois que le fédéral lance un avertissement aux Canadiens : les gouvernements étrangers pourraient imposer des restrictions strictes sans préavis en matière de voyage.  

« Nous ne prévoyons pas offrir d’autres vols de rapatriement au pays. Si vous décidez de voyager malgré nos avertissements, sachez qu’il est possible que vous ayez à demeurer à l’étranger plus longtemps que prévu », peut-on lire dans un avis émis par le gouvernement du Canada. 

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