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CH: 25 ans de grande noirceur

Patrick Roy
Photo d'archives 2 décembre 1995, Forum de Montréal. Dernière présence de Patrick Roy dans l’uniforme du CH.

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Maurice Richard a sorti le Québec de la grande noirceur. Le Rocket incarne la Révolution tranquille, l’éveil d’un peuple enfin debout ! Ironiquement, 25 ans plus tard, Patrick Roy est devenu le symbole de la grande noirceur 2.0, celle qui a plombé le Canadien.

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« Ça va comme c’est mené ! » Expression galvaudée souvent à raison. Lorsque tout va mal dans une organisation, concentrer l’analyse de la débâcle sur la tête de la colonne de pouvoir permet de mieux comprendre l’abîme. Depuis 1995, Réjean Houle et Mario Tremblay encaissent les railleries soutenues des partisans meurtris de la Sainte-Flanelle. Établir son autorité sur le dos du joueur concession du CH était faible de la part de Tremblay. Surtout dans la manière. Trip d’ego, orgueil démesuré. Cocktail explosif pour un coach qui doit négocier avec un double gagnant de la Coupe Stanley et un guerrier émérite.

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Ne pas être capable de calmer le vent mauvais a été le début de la spirale infernale pour le dg Réjean Houle. Ajouter Mike Keane à Casseau à l’offre et ne recevoir en retour que Jocelyn Thibault, Andrei Kovalenko et Martin Rucinsky est abject. Si Houle n’avait pas été aussi tatoué CH, on se demanderait s’il n’a pas agi en agent d’infiltration à la solde de l’Avalanche.

Et Ronald Corey lui ? 

Chic type, la classe incarnée. Président par lequel fut construit, à trop grands frais le Centre Bell. Celui qui a redonné de la crédibilité à l’organisation en embauchant Serge Savard à titre de patron hockey, menant aux 23e et 24e coupes Stanley. Mais aussi celui qui, à la tête de l’organigramme, a provoqué la chute brutale de l’équipe. 

Il ne le dira jamais ouvertement, mais il y a fort à parier que Ronald Corey se sentait de plus en plus à l’étroit sur le même étage que le sénateur Savard. 

Serge a toujours bien tissé sa toile. Ses contacts privilégiés dans les médias et dans la communauté d’affaires faisaient de lui un candidat de choix pour devenir président du club. Son sens aiguisé des affaires doublé de ses assises en haut lieu politique aurait certainement permis à la famille Molson de faire une meilleure affaire lors de la construction du nouvel édifice.

Serait-il possible que Corey ait senti le tapis lui glisser sous les pieds et qu’il ait décidé de « tasser » l’envahisseur Savard de son chemin avant que ce dernier n’accepte de lui succéder à la tête de l’organisation ?

Roy devait partir

Ce même Serge Savard qui avait acquis la conviction que pour le bien de l’équipe, il valait mieux sortir Patrick Roy de Montréal. 

Qui sait d’ailleurs si le pactole obtenu par Savard dans l’éventuelle transaction avec Pierre Lacroix, grand ami et premier agent de Roy, n’aurait pas permis au CH de disputer au moins une finale de la Coupe Stanley face à Casseau et le Colorado ? Ce sont les ordinaires Panthers de la Floride qui ont eu cette distinction en 1996.

Pendant que le CH ne cessait, après l’affront de Mario Tremblay le 2 décembre 1995, de se diriger aux antipodes de l’Avalanche. Une grande noirceur dont tente encore désespérément de se sortir l’équipe.

COUPE DE COEUR

À Pat Patterson, né Pierre Clermont à Montréal et décédé cette semaine à Miami à l’âge de 79 ans. Difficile d’approche, il accordait peu d’entrevues. Il fut le bras droit principal du magnat Vince McMahon dans l’ascension vertigineuse de l’empire WWF devenu WWE. Patterson a toujours gardé le Québec et sa pépinière de talents dans son cœur. Plusieurs le pleurent et lui doivent beaucoup.

COUP DE GUEULE

À Hockey Québec. J’y reviens mardi, mais de voir cette organisation désuète publier à la hâte un communiqué disant qu’elle nomme un avocat à la retraite enquêteur indépendant pour faire la lumière sur les allégations de climat de travail toxique dans ses bureaux me désole. On est pressés de sauver la face des dirigeants, mais que fait-on pour mieux soutenir les 80 000 enfants inscrits ?

UN P'TIT 2 SUR... 

Je reviens avec cette même prédiction que je maintiens tant bien que mal depuis près de deux mois. Du hockey de la LNH juste avant le week-end du Super Bowl au début de février. Une saison de 48 matchs avec retour progressif du public en sol américain et une Coupe Stanley à être disputée fin juin début juillet. Ça, c’est seulement SI les propriétaires s’entendent entre eux et que les joueurs plient encore...