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La belle épopée de Kuessipan

Le film tourné à Uashat Mak Mani-Utenam a remporté de nombreux prix

Kuessipan
Photo courtoisie, Filmoption International Scène du film Kuessipan

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C’est la plus belle histoire de la dernière année cinéma au Québec. Tourné dans la communauté innue de Uashat Mak Mani-Utenam et lancé en toute simplicité à l’automne 2019, Kuessipan n’en finit plus de récolter des honneurs sur le circuit des festivals internationaux et il prendra maintenant l’affiche en France, le 20 janvier prochain.

On parle ici d’une sortie en salles en bonne et due forme, et non directement en vidéo sur demande, pour ce drame touchant qui chronique l’amitié entre deux adolescentes innues.

Le nombre n’est pas confirmé, mais il serait question d’un nombre variant entre 70 et 100 écrans pour le film, distribué par Les alchimistes, une petite boîte qui était derrière la sortie française d’Antigone.

Pour la réalisatrice Myriam Verreault, qui a coécrit Kuessipan avec Naomi Fontaine, l’autrice du roman à la source du film, l’affaire est entendue : COVID ou pas, elle s’envolera pour la France cet hiver pour assurer la promotion.

«Non seulement le film est-il encore en vie, mais il arrive à son plus fort. La sortie en France va être plus grosse qu’ici. Le Québec, c’était une pratique», s’amuse-t-elle, en entrevue avec le Journal.

Scène du film Kuessipan
Photo courtoisie, Filmoption International
Scène du film Kuessipan

Une trentaine de prix

Kuessipan débarquera sur les écrans français avec un bon vent dans le dos. Au cours des quinze derniers mois, il a remporté près d’une trentaine de prix un peu partout sur la planète.

Après avoir amorcé son parcours en raflant le grand prix de la compétition au Festival de cinéma de la ville de Québec, en septembre 2019, il a été récompensé au Canada, en France, en Belgique, en Suède, en Suisse, en Biélorussie et en Ukraine.

La comédienne Sharon Fontaine Ishpatao, qui n’avait jamais mis les pieds sur un plateau de tournage avant d’obtenir le rôle de Mikuan, vient d’enlever le prix Révélation du Festival du film canadien de Dieppe, en France.

«Toute l’année, je n’en revenais pas des prix. J’ai toujours cru que ce film avait le potentiel de toucher les gens, mais souvent le cinéma québécois nous a habitués à décevoir nos attentes», dit Myriam Verreault.

Scène du film Kuessipan
Photo courtoisie, Filmoption International
Scène du film Kuessipan

La peur

La réception a beau être aussi chaleureuse qu’unanime, la cinéaste avoue qu’elle a éprouvé une certaine crainte pendant tout le temps qu’elle a travaillé sur Kuessipan.

«Il y avait une peur de l’inconnu et un sentiment d’imposteur, dit-elle, mais en même temps il y avait une curiosité de même qu’une intention de connecter avec les gens là-bas qui étaient réelles.»

«Je sentais que les gens de Uashat avaient le goût d’embarquer. En voyant tout ce que le film a entraîné comme bienfaits et les ponts qu’on a créés, je me dis que c’est une bonne affaire d’aller où on a peur parce que c’est là qu’on secoue notre confort et qu’il se passe des affaires.»