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Régression politique

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Ce n’est pas parce que la société change que c’est pour le mieux. En témoigne la régression du débat politique, qui était infiniment plus riche au temps où la question nationale était au premier plan. 

Notre existence comme peuple ne faisait pas de doute. Le débat portait sur le meilleur cadre politique pour assurer sa survie et son émancipation. Au-delà de nos désaccords fondamentaux, nous savions que nous partagions une aventure collective. 

Nationalisme

Il y avait aussi une gauche et une droite, si on tient à utiliser ce vocabulaire. Elles débattaient de la meilleure manière de créer et de partager la richesse. En d’autres mots, il concernait l’organisation optimale de la société. 

Une culture commune nous rassemblait. 

Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’en est plus ainsi. 

La nature du débat politique s’est transformée partout en Occident. Qu’avons-nous en commun ? La nation se désagrège et partout, on voit resurgir une conscience raciale exacerbée, par laquelle chacun est appelé à se définir de manière très agressive. 

Les réseaux sociaux ont aussi favorisé l’émergence d’une identité mondiale artificielle qui permet aux nouvelles générations de snober leur propre pays. Au même moment, chacun est appelé à s’enfermer dans sa petite communauté affinitaire et à transformer sa nuance identitaire en absolu. 

D’autres doutent même de l’existence de l’homme et de la femme. Ces deux catégories seraient périmées et relèveraient du patriarcat blanc cis hétérosexiste, comme on dit à peu près chez les wokes.  

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Dérive

Autrement dit, non seulement nous ne savons plus ce qui nous rassemble, mais nous ne savons même plus ce que nous tenons pour réel. 

Il est difficile, dans ce cadre, d’avoir un débat civilisé. La vie politique s’hystérise. La police de la pensée intimide et rêve de censure. On en viendra même, je le crains, dans ce nouveau monde, à bannir des livres ou même à les brûler.