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Un fantastique recueil de nouvelles fantastiques!

WE 1205 Joe Hill
Photo courtoisie, Lawrie Photography L’écrivain américain Joe Hill

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Jusqu’à présent, on a adoré tous les romans de l’écrivain américain Joe Hill. Surtout Cornes, qui a d’ailleurs été porté au grand écran en 2014 par le réalisateur français Alexandre Aja. Avec Le carrousel infernal, qui vient tout juste de sortir en librairie, on découvre maintenant ses étranges nouvelles.

Inutile d’y aller par quatre chemins : pour ceux et celles qui ne le savent pas encore, Joe Hill est l’un des deux fils de Stephen King. Quelque chose qu’il a d’ailleurs longtemps préféré garder secret, car il ne tenait surtout pas à ce que son nom de famille devienne un genre de passe-droit. À l’instar de son célèbre papa et de sa mère, l’autrice Tabitha King, il souhaitait lui aussi devenir écrivain. Mais pas au point d’être publié parce qu’il était le fils de. 

Joe Hill a donc galéré pendant de nombreuses années. Pour apprendre le métier, pour trouver son propre style et, enfin, pour se mettre à écrire de vraies bonnes histoires, que ce soit sous forme de romans ou de nouvelles. Fantômes – Histoires troubles, son tout premier recueil, a même remporté de nombreuses distinctions en 2006, dont le prix Bram-Stoker du meilleur recueil de nouvelles. Ce qui veut dire que Le carrousel infernal, qui renferme 13 nouvelles parfois capables de nous arracher quelques cris d’épouvante, est son second recueil. En français, du moins. Et là encore, on a adoré. À commencer par son introduction, intitulée « Tueurs de père en fils ». 

« Deux des nouvelles de ce recueil ont été coécrites avec mon père, explique Joe Hill, qu’on a pu joindre chez lui à Exeter, dans le New Hampshire. J’ai alors pensé qu’il serait bien de parler un peu de mes parents – à un certain point, je voulais célébrer publiquement leur talent ! –, de présenter les histoires qui ont marqué ma jeunesse, qui m’ont donné l’envie d’écrire, et de raconter mon développement en tant qu’écrivain. » Le résultat n’est rien de moins que captivant et, en prime, il nous permet de comprendre pourquoi horreur et fantastique font pratiquement partie de l’ADN des King.  

Frôler la perfection

Souvent inquiétantes, les nouvelles de Carrousel infernal ont été composées sur une période de 13 ans. « C’est donc un peu le journal de mes préoccupations de ces 13 dernières années, précise Joe Hill. La guerre du Golfe au début et, plus récemment, mon angoisse face à un gouvernement réactionnaire ayant une trop grande puissance de feu ! » 

« Ceci étant, j’ai toujours eu un faible pour les nouvelles, poursuit Joe Hill. D’emblée, elles sont tellement plus légères que les romans. Elles me font en quelque sorte penser à des maisons de poupée ! Et puis j’adore l’illusion qu’elles procurent en me permettant de croire que si je suis assez inspiré et méticuleux, je vais peut-être cette fois réussir à rédiger une histoire presque parfaite. En vérité, il me vient une bonne idée de roman pratiquement toutes les semaines. Mais, comme j’écris lentement, chaque roman me réclame de trois à quatre ans de travail. Avec les nouvelles, ça va évidemment beaucoup plus vite ! »

« La gare de Wolverton », troisième nouvelle du livre, a par exemple été écrite en cinq jours lors d’une tournée de promotion au Royaume-Uni au cours de laquelle Joe Hill et son attaché de presse se sont essentiellement déplacés en train. « Cette nouvelle met en scène un homme qui va rencontrer un loup-garou dans un train britannique, et je l’ai rédigée en me sentant détendu et heureux, ajoute-t-il. Mon principal défi a donc été d’attendre le deuxième jour avant de me mettre à l’écrire. Le premier jour, je suis tout excité. Mais le deuxième jour ? En général, c’est là que je vais savoir si j’ai réellement eu une bonne idée méritant d’être racontée. »

Suspense haletant

Tel que Joe Hill le soulignait un peu plus tôt, le recueil compte deux nouvelles écrites en tandem avec Stephen King : « Plein gaz » et « Dans les hautes herbes », cette dernière ayant récemment fait l’objet d’une adaptation cinématographique pour Netflix. « J’étais venu passer du temps en Floride, notamment pour voir mon père, commente Joe Hill. On était tous les deux entre deux projets et en allant manger des crêpes dans un resto, on a eu l’idée de «Dans les hautes herbes». Dès le lendemain, mon père a écrit quelques pages qu’il m’a envoyées par courriel. Je les ai éditées et j’ai ajouté à mon tour quelques pages avant de les lui retourner. Vous vous rappelez le dessin animé avec Bip Bip et le coyote ? Eh bien, j’avais l’impression d’être le coyote, alors que mon père était la fusée sur laquelle j’étais solidement attaché ! »

Une impression qui l’a également accompagné pendant toute la rédaction de « Plein gaz », qui est l’une de nos nouvelles préférées du recueil. Mais, à bien y penser, presque toutes valent le détour. Parce qu’elles sont très différentes les unes des autres et, surtout, parce qu’elles perturbent ou bousculent !

<b><i>Le carrousel infernal</i></b><br/>
Joe Hill<br/>
Éditions JC Lattès<br/>
464 pages
Photo courtoisie
Le carrousel infernal
Joe Hill
Éditions JC Lattès
464 pages