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Cri du cœur de familles endeuillées

La province enregistrait samedi un nouveau record avec 2031 nouveaux cas positifs en 24 heures

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Frédéric Morin croit que le gouvernement fait bien d’empêcher les rassemblements, lui qui a dû dire au revoir à son père, Pierre Morin, en mai dernier, au travers de l’écran de son téléphone cellulaire.

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Des familles qui ont perdu des êtres chers aux mains du virus implorent les Québécois de respecter les mesures sanitaires s’ils ne veulent pas vivre un deuil douloureux comme celui qu’ils porteront à Noël, alors que le nombre d’infections a atteint un sommet hier.

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« Si je vais voir de la parenté et que sans savoir je donne le virus, je vais avoir ça sur la conscience le reste de ma vie [...] Et dire au revoir à quelqu’un au travers de mon cellulaire, je n’ai pas le goût de vivre ça à nouveau », témoigne Frédéric Morin, qui a perdu son père, Pierre Morin, des suites de la COVID-19 en mai passé. 

Malgré les appels répétés du gouvernement à éviter les rassemblements et à respecter la distanciation sociale, la province enregistrait samedi un nouveau record avec 2031 nouvelles infections quotidiennes et 48 décès. 

Seulement à Montréal, on dénombre 630 nouveaux malades et une douzaine de personnes ont perdu leur combat contre le virus. 

Pour le père de famille de 34 ans, il faut absolument que la population se réveille avant de perdre un être cher à leur tour, alors que le Québec compte plus de 13 000 cas actifs de COVID-19, selon l’Institut national de santé publique. 

« Même si les morts s’accumulent, il y a comme un laisser-aller. Je trouve ça ordinaire. Mon père ne sera pas là, lui, à Noël ! » lance-t-il.

Une pause bien méritée

Selon lui, le gouvernement a bien fait d’annuler les rassemblements pour donner une pause aux anges gardiens, s’étant trouvé aux premières loges de leur travail acharné avant le décès de son père. « Ils travaillent fort et n’arrêtent pas. Je pense que c’est un respect qu’on doit avoir pour le système de santé. Les gens en première ligne n’ont pas eu beaucoup de pauses », souligne-t-il. 

Même si Deborah Ward aimerait quant à elle accueillir ses proches dans le temps des Fêtes pour rendre hommage une fois pour toutes à sa mère, Doris McCall, qui a perdu la vie au début du mois d’avril, la Bouchervilloise continue de respecter les mesures à la lettre.

Faire preuve de bonne foi

« Ma mère voulait que les gens s’unissent, que les gens rient, ou vivent leurs émotions ensemble, et on n’a pas pu. On ne contrôle rien. Même si ça nous exige de puiser dans nos réserves de bonne foi et de conscience de l’autre, on n’est pas dans une société individualiste », souligne-t-elle. 

Ce qui l’inquiète, c’est que des citoyens moins soucieux transmettent le virus à des proches plus vulnérables. « Souvent, à Noël, on rassemble plusieurs générations. Si le malheur frappait, et que comme cadeau de Noël, grand-maman, oncle, tante attrape la COVID-19... Ce n’est pas juste pour nous qu’il faut [respecter les mesures], c’est pour les autres », martèle la mère de famille.  

« On doit collectivement se donner la main – sans le faire physiquement, là ! – pour s’aider et arrêter la deuxième vague », conclut M. Morin, en précisant qu’il passera un Noël « tranquille » avec ses deux jeunes filles, ponctué d’appels Facetime. 


Un problème informatique aurait encore ralenti l’entrée de données, entraînant ainsi un bilan plus élevé samedi, en raison du rattrapage de cas non comptabilisés.

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