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Et le Québec ? Bordel !

Loi 21
Photo Martin Alarie Manifestation contre la loi 21, devant le palais de justice de Montréal en novembre dernier. Plus canadiens que québécois, les opposants à la loi 21 chargent à fond de train !

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« Vous êtes pas écœurés de mourir bande de caves ! C’est assez ! » Par ce cri, le poète Claude Péloquin voulait, au début des années 70, secouer la léthargie des Québécois quant à leur avenir.

Quelques événements, survenus cette semaine, laissent croire qu’il n’a pas crié assez fort.

L’Association des libraires indépendants (ALQ) qui écarte les choix de lecture du premier ministre sur ses plateformes numériques à la suite de certaines critiques.

L’ALQ le réintègre devant le tollé, mais certains libraires en remettent dans la critique en l’accusant de répandre le racisme parce qu’il invite à lire L’empire du politiquement correct, du collègue Bock-Côté. 

La ribambelle d’avocats d’ici et d’ailleurs qui défilent devant le juge Blanchard pour abattre la loi 21 en ne lésinant pas sur les bassesses.

La chroniqueuse Francine Pelletier qui nous assimile à une gang de repliés sur soi avec notre acharnement linguistique.

Il faut avoir la couenne dure pour ne pas mourir, à moins que nous soyons dans un état de léthargie qui nous fait oublier d’exploser.

Ce genre d’événements ne contribuent évidemment pas à une compréhension mutuelle. Au contraire, ils exacerbent les préjugés des uns et des autres.

Un monde de suppositions

Neuf organisations et sept individus souhaitent convaincre le juge, par la voix d’une vingtaine d’avocats, d’invalider la loi.

Alimentant la dramatisation excessive, cette armée d’opposants prétend que la loi envoie un message d’exclusion en écartant de la protection de l’État les personnes qui se conforment à leurs croyances religieuses.

La loi violerait des droits fondamentaux parce qu’elle empêche des personnes, qui tiennent à tout prix à porter leurs signes religieux au travail, de devenir fonctionnaires.

Le Québec serait pire qu’ailleurs, selon Amnistie internationale, bien que la loi soit plus souple que celles adoptées dans certains pays européens.

La loi forcerait à renoncer à ses croyances, selon d’autres. 

Pourtant elle ne demande qu’à certains travailleurs de garder au vestiaire leurs signes religieux pendant les heures de travail.

Pour les avocats de la FAE, la loi ne serait pas neutre et constituerait une discrimination contre les femmes musulmanes qui pourrait se répandre ailleurs que dans les écoles. 

Encore plus vicieux, la loi 21 serait digne du régime nazi. 

Il faut vraiment être déconnecté pour faire pareil parallèle et laisser entendre à l’écrasement d’une minorité !

Leçon d’histoire

Pour s’ouvrir au monde, il faut savoir qui nous sommes et pouvoir l’affirmer en précisant nos attentes aux arrivants des dernières décennies.

La place du Québec dans le monde est loin de refléter un repli sur soi.

La Loi sur la laïcité n’est pas parfaite, elle s’avère cependant un jalon important dans le débat qui secoue le Québec depuis des années.

Le gouvernement caquiste a montré beaucoup de retenue dans la rédaction de loi. Les Québécois ne méritent pas ce mépris, qui ne les dispose nullement à un dialogue constructif. 

Écœurés d’être méprisés ? C’est assez ! dirait aujourd’hui Claude Péloquin.