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Polytechnique: une commémoration virtuelle, mais tout aussi nécessaire

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Bien qu'elles aient changé de visage et dû s'adapter, pandémie oblige, les commémorations de la tuerie de Polytechnique demeurent on ne peut plus nécessaires.

Afin de marquer le coup pour le 31e anniversaire du drame survenu le 6 décembre 1989, l'organisme PolySeSouvient a organisé une cérémonie de commémoration virtuelle en ligne, au cours de laquelle plusieurs intervenantes ont pris la parole pour honorer la mémoire des 14 femmes assassinées lors de l'attentat antiféministe, tout en réclamant un meilleur contrôle des armes à feu.

Les 14 faisceaux lumineux installés sur le mont Royal en l'honneur des victimes devaient s’illuminer comme les années passées à 17 h 10 – heure à laquelle le tueur avait ouvert le feu – pour rendre hommage aux victimes.

«Je suis touché de voir qu'il y a plusieurs événements qui ont lieu malgré tout, malgré le contexte. Qu'on garde le souvenir vivant me réconforte», a commenté une des survivantes de la tragédie, Nathalie Provost, en entrevue avec TVA Nouvelles.

Cette année, Poly se souvient a profité des célébrations pour appeler le gouvernement libéral à concrétiser son engagement d'interdire les armes d'assaut en adoptant formellement une loi en ce sens.

Mme Provost a confié se sentir «fatiguée» de voir que le dossier continue à traîner. «J'aurais envie de paix. J'aurais envie de sentir que la société nous a écoutés et qu'on a vraiment un bon système de contrôle des armes à feu, mais non; on continue encore, au 31e anniversaire. On voit des gens qui se rappellent d'autres tueries qui continuent de se rassembler avec nous à Poly se souvient et je trouve ça triste.»

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué, dans un communiqué soulignant l'importance d'en faire plus pour lutter contre les violences faites aux femmes, que son gouvernement garde le cap. «Nous présenterons bientôt un projet de loi pour mettre en œuvre le reste de nos engagements visant à protéger les Canadiens de la violence armée», a-t-il promis dimanche.

De son côté, le premier ministre du Québec a souligné que les 14 victimes de la Poly ont été assassinées parce qu’elles étaient des femmes.

«Nous avons un devoir de mémoire envers elles, mais aussi un devoir d'action. Nous avons beaucoup avancé en trois décennies, mais nous avons encore du chemin à faire. Nous devons continuer le travail pour prévenir et combattre toutes les formes de violence contre les femmes pour qu'une tragédie comme celle-là ne se reproduise pas», a affirmé François Legault par communiqué.

La ministre de son gouvernement responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, a précisé que malgré cette tragédie, les femmes continuent de souffrir.

«Encore en 2020, les femmes demeurent les principales victimes de toutes les formes de violence. Cette situation ne peut être tolérée dans notre société québécoise, au sein de laquelle la valeur de l'égalité entre les sexes est primordiale», a-t-elle déclaré.

La Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes se déroule, cette année, dans le contexte particulier de la pandémie, qui entraîne une hausse des risques pour les victimes de violence conjugale.

En ce sens, la Commission de la santé mentale du Canada a appelé à rendre hommage aux victimes de la violence fondée sur le genre en venant en aide à celles qui continuent à souffrir aujourd'hui.

«Pendant que nous commémorons les personnes qui ont perdu la vie en raison de la violence fondée sur le genre, nous pouvons tous agir pour aider les victimes actuelles à entreprendre le long chemin de la survivance», a plaidé la présidente et directrice générale de la commission, Louise Bradley.

La présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Chantal Arseneault, a fait valoir que la COVID-19 a favorisé la violence contre les femmes vivant dans un couple violent.

«La COVID a été très éprouvante pour elles. On sait qu’elles ont été confinées au printemps, ce qui fait que violence a vraiment augmenté tant en intensité qu’en gravité. On a remarqué une baisse des demandes d’hébergement, mais une hausse importante de nos services à l’externe comme l’écoute téléphonique», a-t-elle dit en entrevue à LCN, dimanche.

Chantal Arseneault a ajouté que malgré le manque de place d’hébergement pour les femmes vivant de violence conjugale, les victimes ne doivent pas avoir peur de demander de l’aide.

«Il ne faut pas hésiter à appeler, on finit par trouver des solutions inévitablement», a-t-elle mentionné.

Les 14 victimes de la Poly le 6 décembre 1989

Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault et Annie Turcotte ont été tuées par Marc Lépine parce qu'elles étaient des femmes.

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