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25e anniversaire de l'échange de Patrick Roy: le destin a souri à Stéphane Fiset

L’arrivée de Patrick Roy au Colorado a forcément influencé la carrière du gardien québécois

Mark Recchi
Photo d'archives Gardien numéro 1 chez l’Avalanche, Stéphane Fiset a dû céder le grand siège à Patrick Roy en décembre 1995.

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Vous avez déjà vu L’effet papillon ? Ce film dans lequel le personnage principal change son destin en retournant dans le passé à plusieurs occasions pour y prendre une décision différente à des moments clés de sa vie ? Et si c’était Stéphane Fiset, comme l’avait prévu Serge Savard au moment de son congédiement, qui s’était amené à Montréal en retour de Patrick Roy ?

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« Il m’arrive encore de me poser la question : quel genre de carrière j’aurais eu si c’est moi qui avais été impliqué dans cette transaction ? » a indiqué Fiset dans un entretien avec Le Journal de Montréal.

« J’aurais aimé ça savoir quelle aurait été la suite si j’avais eu l’occasion de travailler avec François Allaire », a-t-il ajouté.

Si l’on se fie au parcours qu’a connu Jocelyn Thibault, la suite n’aurait peut-être pas été rose. Derrière une équipe en déclin, le Montréalais s’est démené autant qu’il le pouvait devant le filet. Cependant, en raison de l’ombrage de Roy, qui planait toujours au Centre Molson, conquérir le cœur des partisans était une mission pratiquement impossible.

« Peu importe son identité, c’est certain que le gardien qui allait être échangé contre Patrick allait ressentir une pression incroyable. Alors, au fond de moi-même, je ne sais pas si ça me tentait tant que ça de prendre le chemin de Montréal », a mentionné l’agent de joueur, joint chez lui à Victoriaville.

Et si la transaction n’avait jamais eu lieu ? Que Roy était demeuré à Montréal ou qu’il avait été échangé à une autre formation ? Puisque Thibault était un choix de 1er tour (10e au total en 1993) et, par conséquent, le gardien d’avenir de l’organisation, est-ce que la cohabitation aurait pu durer ?

« C’est certain qu’un des deux aurait fini par partir, mais on s’entendait tellement bien qu’on aurait pu faire un méchant bon bout ensemble », a assuré Fiset. 

Stéphane Fiset
Photo courtoisie
Stéphane Fiset

Mauvaise nouvelle

Il a donc dû laisser partir son bon ami pour le remplacer par quelqu’un qui allait prendre beaucoup de place.

Fiset éclate de rire lorsqu’on lui rappelle la déclaration qu’il avait faite au défunt collègue Albert Ladouceur, du Journal de Québec, en apprenant l’arrivée de Roy avec l’Avalanche.

« Je n’accepterai pas le rôle de deuxième gardien », avait-il lancé sans détour.

Manifestement, le jeune gardien de 25 ans qu’il était à l’époque n’entendait pas se faire tasser par un nouveau coéquipier qui, au moment de s’amener au Colorado, possédait déjà deux coupes Stanley, deux trophées Conn-Smythe et trois trophées Vézina.

« Je n’étais pas le gars le plus heureux, a-t-il admis. Je venais de connaître ma meilleure saison dans la LNH. Je venais d’obtenir le poste de numéro un. En plus, à ce moment-là, je menais dans la LNH pour les victoires (13). Alors, j’entrevoyais de belles choses pour l’avenir.

« Là, je savais que ma saison venait pratiquement de se finir », a-t-il ajouté. 

Il avait vu juste. Le 6 décembre, Fiset gardait le filet pour la 19e fois en 27 matchs. À compter du lendemain, il verrait de l’action dans 18 des 55 dernières rencontres de la campagne 1995-1996.

Pas de regret

Conscient qu’il venait de chambouler les plans de celui que l’un de ses prédécesseurs (Maurice Filion) avait sélectionné au 2e tour (24e au total) du repêchage de 1988, Pierre Lacroix avait pris soin de le rencontrer rapidement.

« Il m’a dit que j’avais le choix de rester avec l’équipe, côtoyer le meilleur gardien de la ligue et possiblement gagner la coupe Stanley, ou de demander une transaction. »

Après avoir pesé le pour et le contre en compagnie de sa conjointe, il a choisi de poursuivre son association avec l’Avalanche. Un choix dont il se félicite encore un quart de siècle plus tard.

« Aujourd’hui, je n’ai aucun regret. J’ai eu la chance de connaître Patrick et de jouer avec un super gardien. Je crois au destin. Il a voulu que je sois là pour gagner la coupe Stanley avec Joe Sakic, Peter Forsberg, Adam Foote et Mike Ricci ; un paquet de gars avec qui j’ai connu les années sombres des Nordiques, a-t-il énuméré. Ça m’aurait fait mal au cœur de partir pour une autre organisation plus tôt et de rater ce beau moment-là. »

La boucle était bouclée, le chapitre était clos. D’ailleurs, Fiset n’a pas tardé à tourner la page. 

« J’ai demandé une transaction le soir du défilé de la Coupe Stanley. J’ai croisé Pierre pendant la réception qui suivait. C’est là que je lui ai fait la demande. »

Sans doute en guise de reconnaissance pour services rendus, Lacroix n’a pas mis de temps à exaucer son souhait. Huit jours plus tard, Lacroix l’envoyait à Los Angeles en retour d’Éric Lacroix, son propre fils.


AVANT L’ARRIVÉE DE PATRICK ROY

(6 octobre au 6 décembre)

› 19 matchs joués (70 % des 27 matchs de l’Avalanche)

› 13 victoires*

› ,901 (taux d’efficacité)

› 2,83 (moyenne de buts alloués)

APRÈS L’ARRIVÉE DE ROY

(7 décembre au 14 avril)

› 18 matchs joués (33 % des 55 matchs de l’Avalanche)

› 9 victoires

› ,896 (taux d’efficacité)

› 3,04 (moyenne de buts alloués)

*Sommet dans la LNH