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Le patron du REM à la Caisse de dépôt débarque du train

Macky Tall va rejoindre Alain Bellemare chez le géant américain Carlyle

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Photo d'archives, Chantal Poirier Macky Tall dirigeait le projet du Réseau express métropolitain depuis plusieurs années.

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Alors que le Réseau express métropolitain (REM) est confronté à de nouveaux retards et dépassements de coûts, son grand patron, Macky Tall, quitte la Caisse de dépôt et placement du Québec pour s’en aller à Washington.

M. Tall deviendra coprésident du secteur des infrastructures au Carlyle Group, un géant de la gestion d’actifs dont le siège est situé dans la capitale américaine.

Il restera à la Caisse jusqu’à la fin de 2020 et entrera en service chez Carlyle à la fin mars 2021, après une « période de refroidissement » de trois mois. La Caisse ne lui versera pas d’indemnité de départ, a assuré lundi un porte-parole de l’institution, Maxime Chagnon.

« On m’a offert un défi vraiment unique et c’est une opportunité à laquelle je ne pouvais pas dire non », a insisté le principal intéressé au cours d’un entretien téléphonique avec Le Journal.

En 2019, Macky Tall a eu droit à une rémunération totale d’un peu plus de 3 millions $ à la Caisse de dépôt.

« Macky est l’un des dirigeants les plus expérimentés et respectés dans l’industrie mondiale des infrastructures », a déclaré le PDG de Carlyle, Kewsong Lee, dans un communiqué.

M. Tall a assuré que son départ n’avait rien à voir avec les difficultés du REM. CDPQ Infra, dont il est PDG depuis 2015, a récemment annoncé un retard de 18 mois dans la mise en service du segment du REM sous le mont Royal et des coûts additionnels qui pourraient atteindre des centaines de millions de dollars.

« Je ne pense pas qu’il y a d’autres projets dans le monde, de cette complexité-là, qui ont pu avancer aussi rapidement, donc je suis très fier d’où en est le projet et surtout très confiant dans la suite des choses », a affirmé Macky Tall.

Snobé pour le poste de numéro un

Le dirigeant a par ailleurs soutenu qu’il ne quittait pas par dépit après avoir vu le poste de PDG de la Caisse lui glisser entre les doigts, au début de l’année. 

Le comité de sélection de l’institution l’avait recommandé pour succéder à Michael Sabia, selon La Presse, mais le premier ministre François Legault lui avait préféré un autre vice-président, Charles Émond.

« À la suite de ce choix, Charles m’a donné de beaux défis, a martelé M. Tall. On a une bonne relation. »

Il reste qu’après la débâcle boursière du mois de mars, dans laquelle la Caisse s’est mal tirée d’affaire, M. Émond a retiré la responsabilité des « marchés liquides » à Macky Tall pour muter celui-ci aux placements privés.

Chez Carlyle, M. Tall pourrait croiser Alain Bellemare, ancien PDG de Bombardier. En août, Carlyle a nommé M. Bellemare « dirigeant d’exploitation » pour les secteurs de l’aéronautique, de la défense et des services aux gouvernements.

M. Tall a tenu à dire qu’il avait connu seize « belles années » à la Caisse de dépôt et qu’il reviendra « régulièrement » au Québec. 

« Je vais faire un travail aux États-Unis, mais le Québec restera la maison. »

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