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Pas de stade dans la maquette

Le groupe Devimco garde cependant la porte ouverte au groupe de Stephen Bronfman

Bassin Peel
Photo courtoisie, Devimco Immobilier Le groupe Devimco Immobilier a dévoilé sa maquette de développement pour le bassin Peel lundi, mais le futur stade de baseball n’y apparaît pas.

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Le futur stade de baseball n’apparaît pas dans la dernière maquette dévoilée lundi par la compagnie Devimco Immobilier pour son projet du bassin Peel. Toutefois, il ne faut pas le voir comme un désaveu du projet de Stephen Bronfman. Loin de là.

À l’origine, le président de Devimco, Serge Goulet, tenait un point de presse virtuel pour interpeller l’administration de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, afin qu’elle accélère les délais d’approbation de plusieurs projets du secteur privé, dont celui du bassin Peel. 

Dans ce développement de 5 millions de pieds carrés, on retrouvera 4000 unités d’habitation. On y retrouvera une zone d’innovation de 800 000 pieds carrés et une de 200 000 pieds carrés d’équipements communautaires et de patrimoine industriel restauré.

C’est à cet endroit que le groupe de Bronfman aimerait construire un stade de baseball qui ferait partie du mégaprojet développé par Devimco. M. Goulet a voulu rectifier le tir quant à sa participation à ce dossier. 

« Je n’ai jamais présenté dans mes documents ou lors de mes présentations un stade de baseball sur le terrain, a souligné Serge Goulet lors d’une entrevue avec Le Journal de Montréal. Je ne le ferai pas non plus. 

« Ce n’est pas ma responsabilité de dessiner un stade de baseball. C’est celle de l’équipe de Stephen Bronfman, qui le fera en temps et lieu lorsqu’ils auront les autorisations, s’ils les ont.

« Personne ne doit s’inquiéter ou se réjouir du fait que le stade ne soit pas dans notre maquette. Ç’a toujours été mon approche. » 

Le dossier avance

Toutefois, les canaux de communication sont bien ouverts entre Goulet et Bronfman au sujet de la construction d’un futur stade au bassin Peel, qui permettrait d’accueillir une équipe du baseball majeur à Montréal. 

« C’est un dossier qu’on suit avec eux, a confirmé le président de Devimco. On leur parle régulièrement. La pandémie les a ralentis. 

« Par contre, ils continuent de parler à leurs partenaires en Floride et avec les représentants du baseball majeur. Puis, je sais qu’ils doivent rencontrer les acteurs politiques québécois et canadiens dans les prochaines semaines ou mois. Le dossier avance. »

Il n’a pas imposé de date butoir au groupe de Bronfman. Par contre, il est prêt pour tous les scénarios possibles. 

« La journée qu’ils seront assez avancés dans leurs démarches pour qu’on se mette à dessiner un stade ensemble sur le projet, ils vont me le dire. Notre entente serait de pouvoir intégrer un stade à notre projet à la satisfaction des trois parties : Devimco, le groupe de Bronfman et la Ville de Montréal. »

Du côté de Projet Baseball Montréal, le porte-parole, Daniel Granger, s’est abstenu de commenter la composition de la dernière maquette dévoilée par Devimco. Cependant, on peut confirmer que les négociations se sont poursuivies avec les Rays de Tampa Bay durant la pandémie. La discrétion est de mise. 

Solutions d’urgence

Pour revenir au point de presse de Goulet, il souhaite que l’administration Plante mette des solutions d’urgence en place pour la mise en chantier des projets importants de Montréal. 

« Étant donné que nous sommes dans une situation d’urgence avec la pandémie, on est obligés de mettre des solutions d’urgence également, a affirmé l’homme d’affaires. Ça ne peut pas être business as usual.

« On appelle tout le monde à une mobilisation concertée et organisée pour avoir des plans d’action pour relancer l’économie. Je ne suis pas le seul qui attend les approbations de la Ville. Ça ne ressemble pas à une ville qui est dans une mesure d’urgence pour relancer l’économie. »

Goulet donne le dossier du développement du bassin Peel en exemple. 

« Le projet bassin Peel a été présenté en mars 2018. Si je suis le calendrier qui est sur la table aujourd’hui, on aura notre zonage peut-être en 2022 ou même en 2023. 

« Si c’est ce qui arrive et qu’on veut construire un stade de baseball, on ne pourrait pas le livrer (dans les échéanciers demandés). »

Plusieurs projets d’envergure sont présentement en attente d’approbation dans les bureaux de la Ville de Montréal. 

« Ils sont prêts à être lancés. Si on met cela dans un agenda et qu’on attend à 2022 ou à 2023, ce sont des milliards qui ne rentrent pas dans le système. »

Pas de développement à la pièce

La réplique de Valérie Plante n’a pas tardé. 

« On a l’habitude de M. Goulet qui se sert des médias pour passer ses demandes particulières en fonction de ses intérêts à lui. Moi je suis tout à fait en faveur en autres du développement d’une gare du REM dans la bassin Peel, mais il faudrait peut-être rappeler à M. Goulet qu’en ce moment on se bat pour avoir la station du REM à l’aéroport. Je ne ferai pas de passe-droit pour M. Goulet, car moi, du développement à la pièce comme on l’a vu dans Griffintown ou au Children, ça ne m’intéresse pas », a mentionné la mairesse.

Le «New Deal» de Devimco pour développer le bassin Peel         

Guillaume Picard

Bassin Peel
COURTOISIE DEVIMCO

Devimco propose un «New Deal» à la Ville de Montréal pour encadrer le développement de projets immobiliers dans la métropole, dont celui du bassin Peel, où le promoteur détient déjà la moitié des terrains industriels à requalifier.

Le grand patron de Devimco, Serge Goulet, souhaite que l’on «revoie nos habitudes» pour «préparer une relance rapide et forte de l’économie, particulièrement au centre-ville», a-t-il dit lundi au cours d’une conférence virtuelle.

Il veut ériger au bassin Peel 4000 unités d’habitation, dont 1000 familiales, mais le projet – présenté en 2018 et qui a passé à travers le processus de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) – est toujours en attente d’un feu vert.

«On a un exemple ici d’un projet qui pourrait participer à la relance et qui, pour l’instant, attend aux portes de la ville», a dit l’homme d’affaires ayant contribué à la métamorphose du quartier Griffintown, de l’autre côté du canal de Lachine.

Le quadrilatère visé cette fois est formé des rues Wellington, Bridge, Mill ainsi que du bassin Peel. Enclavé et mal-aimé, le secteur devrait, selon Devimco, comprendre une gare du Réseau express métropolitain (REM) le long de la rue Wellington. Le promoteur immobilier a offert de contribuer financièrement à la construction de celle-ci, mais il attend depuis deux ans une réponse de la Ville.

«Il n’y a rien de plus performant pour désenclaver et desservir ce secteur-là qu’une gare de train», a dit M. Goulet, qui voudrait par ailleurs que le bassin Peel obtienne le même coefficient de densité que Griffintown, soit 9, alors qu’il doit passer de 3 à 5 dans les plans actuels. Il parle d’une «fortune» potentielle qui serait redonnée à la Ville et aux citoyens.

En point de presse lundi matin, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a répliqué à Serge Goulet.

«On a l’habitude de M. Goulet qui se sert des médias pour passer ses demandes particulières en fonction de ses intérêts à lui. Moi, je suis tout à fait en faveur, en autres, du développement d’une gare du REM dans le bassin Peel, mais il faudrait peut-être rappeler à M. Goulet qu’en ce moment, on se bat pour avoir la station du REM à l’aéroport. Je ne ferai pas de passe-droit pour M. Goulet, car moi, du développement à la pièce comme on l'a vu dans Griffintown ou au Children, ça ne m’intéresse pas», a-t-elle dit.

En plus des 4000 unités d’habitation anticipées, le secteur du bassin Peel, qui serait une zone d’innovation, compterait 800 000 pieds carrés de bureaux, d’ateliers et de laboratoires, ainsi que 200 000 pieds carrés d’équipements communautaires et de patrimoine industriel restauré. En tout, cinq millions de pieds carrés seraient développés.

Un «New Deal»

Serge Goulet, qui va proposer mercredi, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), la mise en place de six critères de performance pour «permettre aux développeurs d’en faire plus» et pour «permettre à la Ville d’évaluer cet apport supplémentaire», selon une grille d’évaluation, espère aussi la mise sur pied d’une table de concertation pour faire débloquer le projet du bassin Peel. Le fédéral, le provincial et la Ville y siégeraient, selon ses vœux, et l’on rendrait des comptes tous les trois mois.

Pour la gare du REM au bassin Peel, qui coûterait 25 M$ environ, selon Serge Goulet, il est question de redevances de transport pouvant aller jusqu’à 200 M$ pour la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), maître d’œuvre du train électrique via sa filiale CDPQ Infra.

«Ça retourne à la Caisse, donc dans nos poches», a-t-il dit, mentionnant que la requalification du secteur de 2,3 km pourrait générer, à terme, selon le zonage et le coefficient de densité retenus, une dizaine de milliards de dollars d’investissements.

Pas de stade sur les maquettes

Pour l’instant, aucun stade de baseball n’est «dessiné», mais le groupe Claridge de Stephen Bronfman continue à avancer, selon Serge Goulet. «[...] Ça marche avec ou sans stade. Vous le voyez, il n’y a pas de stade de dessiné, je n’ai d’ailleurs jamais présenté de stade de baseball», a indiqué M. Goulet.