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La pandémie ralentit l'aide aux victimes d'actes criminels

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Une citoyenne de Gatineau se bat pour que l’accès à l’aide financière accordée en vertu du programme destiné aux victimes d'actes criminels soit plus facile et rapide à obtenir en période de pandémie. 

«Je m'alimente au liquide, j'ai mal, je suis stressée, je ne dors plus et je dois me battre financièrement pour avoir des soins de base», dénonce Cindy Navratil, 41 ans.

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La femme affirme avoir été victime d'une agression criminelle le 20 novembre dernier. L'individu a été arrêté par la police de Gatineau. Il a reçu une interdiction de contact. Mais aucune accusation n'a encore été formellement autorisée par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

«On m'explique que le dossier chemine. Que tout est ralenti en raison de la COVID-19», dit-elle.

Une situation que ne nie pas le ministère de la Justice. «Il n'est pas possible de quantifier précisément le retard que pourrait potentiellement avoir occasionné la pandémie», a répondu à l’Agence QMI par courriel Paul-Jean Charest, porte-parole au ministère de la Justice.

Soins non assurables

Mme Navratil a été prise en charge d'urgence à l'Hôpital de Hull la journée de l'agression. La majorité des services dont elle a besoin sont couverts par l’assurance maladie. Mais les soins pour ses dents et ses rencontres avec un psychologue ne sont pas assurés par le gouvernement du Québec, pour le moment.

«Il y a de nombreux retards en raison de la pandémie et je le comprends. Je demande qu'on puisse avoir de l'aide plus facilement en ce moment. Il y a des situations d'urgence comme la mienne et je n'ai pas les moyens de payer pour mes soins», explique la femme.

Lorsque les accusations criminelles sont déposées, l'IVAC (Indemnisation des victimes d’actes criminels) peut offrir une aide d'urgence. «Nous avons un programme d'aide d'urgence dans ce genre de cas. Mais il doit y avoir des accusations au criminel. Il y a des critères et c'est un programme d'aide en cas d'acte criminel», souligne Nicolas Bégin, porte-parole de l'IVAC.

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Cindy Navratil a eu une première visite d'évaluation chez une dentiste. Cette dernière a accepté de lui offrir certains traitements, mais elle devra les rembourser et payer pour ses prochains soins. Pour ses quatre dents endommagées, la facture à acquitter à court terme est de près de 4000$.

Situation exceptionnelle

«On ne parle pas encore de l'aide d'un psychologue, déplore Mme Navratil, qui dit ne pas pouvoir compter sur sa famille. C'est un climat toxique. Je n'ai pas de ressources. Ma carte de crédit est pleine en raison de la pandémie et du confinement.»

Elle estime que dans des cas comme le sien, les victimes devraient avoir l'aide d'urgence. «On remboursera plus tard si le gouvernement décidait qu'on n'y était pas éligibles [sic] finalement», lance-t-elle, répétant qu'il s'agit d'une situation exceptionnelle.

«Il faut que ce soit fait le plus rapidement possible. Je vis un cauchemar en ce moment. Je n'en dors plus», dit-elle.

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