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Le procès

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Le dénigrement auquel ont énormément recours les avocats représentant les divers groupes religieux, mais aussi ceux de la Fédération autonome de l’enseignement, ne nous semble pas avoir de limites. 

Si ce procès était télévisé, l’indignation devant les propos empreints de préjugés éculés sur les francophones « intolérants », « fascistes » et « xénophobes » créerait un scandale. Mais le traumatisme de la pandémie diminue notre capacité de réaction.

C’est une tragi-comédie jouée par des acteurs en toge qui surenchérissent les uns par rapport aux autres. « Vous avez devant vous une loi islamophobe », lance un des avocats de la FAE devant le juge Blanchard qui ne bronche pas. Ce n’est pas son rôle. 

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Nuremberg !

Lorsque l’avocat Azim Hussain a établi un lien entre la loi 21 et les lois de Nuremberg votées sous Hitler en 1935, le juge n’a pas dit mot. L’impartialité est à ce prix. 

Mais il a admis jeudi à l’avocat Rémi Bourget, un des représentants de la Fédération autonome de l’enseignement, qu’effectivement, comme l’affirmait le plaideur, la loi 21 était « une violation criante des droits fondamentaux ». 

Par ailleurs, il faut savoir que le Québec n’a pas été à l’origine de la demande de la clause nonobstant qui nous permet de maintenir la loi 21 telle qu’elle existe. Ce sont les représentants de l’Ontario et de la Saskatchewan ainsi que Jean Chrétien, à l’époque ministre de la Justice à Ottawa, qui ont négocié cette clause dérogatoire en 1981. Or elle permet aujourd’hui au Québec d’affirmer sa distinction en matière de laïcité. 

Dans la tourmente actuelle, le Canada anglais reste muet. Ses médias si prompts à défendre les minorités de tous genres laissent les accusations infâmes pleuvoir sur un Québec tolérant et isolé. C’est peu dire que leur amour pour nous lors du référendum en 1995 s’est transformé en un mépris face aux « racisants » que nous sommes censés être.