/opinion/faitesladifference
Navigation

Polytechnique : toujours vous serez dans nos cœurs

Coup d'oeil sur cet article

On a mis 29 ans à reconnaître que l’attentat commis le 6 décembre 1989 à l’École Polytechnique envers quatorze jeunes femmes était un féminicide : un attentat visant précisément les femmes. Un attentat qui visait également des féministes, découvrions-nous quelques heures après les assassinats.  

Un attentat qui visait à freiner les élans de libération des femmes pour une plus grande autonomie. Un attentat commis par un homme pour qui les lieux du savoir devaient rester l’apanage des hommes.  

Un attentat commis par un homme qui croyait que l’avancement des femmes préludait à une société dominée par celles-ci.   

Bien avant l’ère des réseaux sociaux, Marc Lépine s’inspirait déjà des propos d’hommes réactionnaires et conservateurs qui pullulaient dans certains médias et qui refusaient l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour certains, le meurtrier de Polytechnique est encore un héros!  

Promesses non tenues

Un attentat qui, malgré l’ampleur du désastre, met encore trop de temps à ébranler nos élu-es politiques. Nous ne pouvons attendre une autre trentaine d’années pour que ceux-ci s’engagent vigoureusement à interdire les armes d’assaut et à sévir de façon plus juste vis-à-vis des crimes commis par ces armes. Les promesses en vue de changer les lois en ce sens étaient éblouissantes, mais non tenues, elles restent un feu de paille pour toutes les victimes et pour les familles et les ami.es des victimes de Polytechnique à qui on avait dit que leur mort ne serait pas vaine. 

La mort de ces quatorze jeunes femmes devait être un tremplin pour éviter que d’autres femmes ne subissent le même sort. Or, selon l’Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation, une femme est tuée tous les trois jours en moyenne au Canada. Les femmes autochtones, nos sœurs, sont surreprésentées dans ce triste bilan.  

Compte tenu que dans 36% des cas, les meurtres, dont les moyens étaient connus, ont été perpétrés à l’aide d’armes à feu, légiférer est une urgence. 

La lutte contre les violences envers les femmes est primordiale. Aucun moyen ne doit être épargné afin que cesse ce fléau social. 

Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault,Annie Turcotte, vous resterez toujours dans nos cœurs comme des phares sur la voie de l’égalité des droits, sur la voie d’un monde sans violence envers les femmes.  

Leila Lesbet

Présidente par intérim de PDFQ (Pour les droits des femmes du Québec)

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?