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Une plainte déposée contre le juge

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Un historien a déposé dimanche une plainte au conseil de la magistrature contre le juge Marc-André Blanchard qui devra trancher le débat sur la loi de la laïcité, parce qu’il aurait validé les propos controversés d’un avocat comparant la loi 21 à des lois raciales.

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« Non seulement le juge n’a pas mis en garde l’avocat et ne lui a pas dit de faire attention [avec sa] comparaison outrancière [...], mais il a validé les arguments. Il n’a pas fait son devoir de se dissocier et de ramener l’avocat à l’ordre », estime l’historien Frédéric Bastien, en réaction aux propos de Me Azim Hussain vendredi dernier. 

  • Écoutez l'entrevue de Jacques Saada qui est membre du C.A du Musée de l'Holocauste de Montréal avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

 

En effet, pendant le débat sur la loi de la laïcité vendredi, le juge Marc-André Blanchard aurait acquiescé devant les propos de l’avocat, qui rappelait que les lois de Nuremberg – des lois raciales nazies discriminant la communauté juive – avaient été adoptées avant la Deuxième Guerre mondiale. Un peu plus tôt, Me Hussain avait également fait un parallèle avec les lois ségrégationnistes sud-américaines forçant les individus de couleur à s’asseoir à l’arrière dans l’autobus.

Or, selon Frédéric Bastien, le magistrat aurait dû couper court à ces propos démesurés et « rabrouer » l’avocat, au lieu de renchérir avec des exemples similaires. 

Manque d’impartialité

Au passage, l’ancien candidat à la course pour la chefferie du Parti québécois dénonce aussi des paroles « partiales » émises par le juge lors d’un échange précédent, où le magistrat aurait dit que « quant à [lui] il n’y a aucun doute qu’il y a des droits fondamentaux qui sont violés » par la loi 21.  

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Il est d’avis que ce commentaire n’était pas déontologique et faisait preuve d’un manque d'impartialité, puisque les avocats qui se portent à la défense de la loi 21 n’ont pas encore plaidé. 

« Les juges doivent se montrer impartiaux tout au long du processus décisionnel [...] Avec ce commentaire, on peut penser que le juge a déjà fait son opinion, alors que ce n’est pas fini », s’exclame-t-il. 

Il prévoit déposer une plainte contre l’avocat également. 

  • Écoutez également l'entrevue de Sophie Durocher avec Frédéric Bastien