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Emploi refusé à une infirmière en raison de son poids

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Une maman de quatre enfants et infirmière diplômée qui souhaitait retourner sur le marché du travail s’est vu refuser un emploi en raison de son poids «trop élevé».  

Marie-Christine Lanoue, qui a passé au travers du processus d’embauche du CIUSS de l’Estrie-CHUS, s’est fait claquer la porte au visage en raison de son IMC, qui se situe au-dessus de 40: elle entre dans la catégorie obèse morbide. 

Elle devient ainsi une personne plus à risque de développer une forme grave de la maladie à coronavirus. Le questionnaire de santé était la dernière chose qui la séparait d’obtenir un emploi dans le réseau de la santé.

Effondrée lorsqu’elle a appris la nouvelle, elle a publié sur sa page Facebook personnelle une vidéo en direct où elle fait part de son désarroi. La vidéo, qui s’adressait surtout à ses proches, a toutefois été visionnée par des milliers de personnes, près de 354 000 fois, provoquant un tollé. 

«“Excusez-moi, Mme Lanoue, vous êtes refusée à l’emploi parce que vous êtes grosse. Mais d’ici là, si vous perdez du poids, vous pouvez reprendre le processus d’embauche à la case départ pour réappliquer”», raconte Mme Lanoue dans sa vidéo sur Facebook. «Je suis en processus de plainte à plusieurs égards», ajoute-t-elle.  

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Elle ajoute que même si son poids comportait des risques pour sa santé, elle être prête à travailler malgré tout.  

Rencontrée par TVA Nouvelles au lendemain de sa vidéo coup de poing, l’infirmière spécialisée en périnatalité n’en revenait toujours pas.

«J’ai passé par toutes les gammes d’émotions. La Terre s’est arrêtée de tourner. Je me suis juste sentie enragée et dégueulasse. Je ne me sentais pas normale. J’étais atterrée, j’ai pleuré, pleuré, pleuré», se désole-t-elle. 

L’avis d’une avocate  

Pour Marianne Plamondon, avocate spécialisée dans le milieu du travail, l’employeur n’a pas le droit de discriminer en raison d’un handicap, et l’obésité est considérée comme telle. 

«On peut toutefois comprendre pourquoi on tente de faire attention pour ne pas exposer des gens à risque à la COVID, mais de là à ne pas aller de l’avant avec le processus d’emploi et ne pas tenter d’accommoder la dame, c’est hautement problématique de la façon dont ils ont géré cela», explique l’avocate spécialisée à Mario Dumont. 

Selon elle, l’employeur aurait dû tenter d’accommoder l’infirmière dans le cadre de l’emploi en évitant de l’exposer à des cas de COVID, en ne la plaçant pas en tout temps dans une zone rouge, par exemple, mais en la plaçant dans une zone moins risquée, soutient Me Plamondon. 

«[L’obésité] n’est pas une raison pour lui refuser un emploi. L’employeur doit faire un processus d’accommodement», insiste-t-elle. 

Même si Mme Lanoue se dit prête à prendre le risque, l’employeur a le devoir et l’obligation de la protéger dans le cadre de son travail, assure l’experte en relations de travail. 

Revirement de situation

Le CIUSSS de l’Estrie – CHUS a révisé le dossier de Marie-Christine Lanoue et a finalement choisi de lui proposer un emploi. 

«Après analyse, nous avons constaté que toutes les opportunités d'embauche n'avaient pas été explorées avec elle. C'est pourquoi nous lui proposerons une affectation de travail. Si ce n'est déjà fait, elle recevra un appel téléphonique de la part d'un membre de l'équipe des ressources humaines dès aujourd'hui», a fait savoir l’organisation par courriel à TVA Nouvelles.

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