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Odieux et scandaleux

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Il se nomme Azim Hussain.

C’est, paraît-il, une bonne pointure dans le milieu juridique, un ancien d’Ogilvy Renault et de Norton Rose Fulbright.

C’est lui, dans sa plaidoirie contre la loi 21 sur la laïcité, qui vient de la comparer aux lois nazies de Nuremberg.

La loi 21 peut sembler anodine, dit-il, mais beaucoup disaient la même chose des premières lois raciales des nazis, qui « ont jeté les bases pour ce qui s’est passé plus tard. » 

Subtil, hein ? 

Il ne s’arrête pas là.

Délire

Il explique ensuite que si le recours à la clause dérogatoire est avalisé, « aucune protection des Chartes ne sera disponible pour la prochaine minorité soumise à une mesure similaire. »

Peu importe que la loi 21 vise tous les signes visibles de toutes les religions.

Me Azim Hussain laisse entendre que le législateur ciblerait une minorité et qu’une « prochaine minorité » serait dans le collimateur.

Et l’exemple concret qu’il évoque est l’internement, dans des camps, des Canadiens d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

Nous en sommes là.

Les adversaires de la loi 21 ont aussi évoqué les Noirs américains forcés de s’asseoir à l’arrière des autobus.

Le témoin Jacques Beauchemin, lui, a vu sa crédibilité attaquée parce qu’il est un « vieux mâle hétérosexuel qui ne porte pas de symbole religieux ».

Et le juge Blanchard ne semble pas ressentir le besoin de faire des rappels à l’ordre !

Et cet acte d’accusation scandaleux contre le peuple québécois, supposément intolérant, impérialiste et colonisateur, est fait évidemment... en anglais, la langue de notre colonisateur impérial.

Imaginez un instant si un avocat franco-québécois s’exprimait sur les immigrants comme Azim Hussain le fait sur nous...

Imaginez le tollé...

Pendant ce temps, on passe sous silence des contributions essentielles, comme celle des professeurs de droit Stefanini et Taillon.

Ils viennent de rendre publique une vaste étude des lois sur l’encadrement des signes religieux dans les pays de l’Union européenne.

Partout en Europe, il est précisé que la liberté de manifester des croyances religieuses n’est pas absolue et peut être encadrée.

Il y a parfois des lois différentes à l’intérieur d’un même pays si celui-ci est une fédération.

La Cour européenne des droits de l’homme a été saisie de 27 cas de contestation de lois limitant le port des signes religieux.

Dans 23 des 27 cas, ces lois furent jugées conformes au droit européen.

Quatorze cas portaient sur des établissements d’enseignement. Dans tous les cas, la loi limitant le port des signes religieux fut validée.

Et la loi québécoise, elle, est rédigée « avec un degré de précision, de neutralité et de modération qui dépasse largement celui des législations européennes. »

Réagir 

Mais il est vrai que nous ne sommes pas en Europe.

Nous sommes au Canada, où les minorités peuvent vivre comme dans leur pays d’origine, sauf au Québec, où elles seraient persécutées et à la veille d’être déportées ou internées. 

Combien de temps encore accepterons-nous d’entendre cela sans réagir ?