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Aires protégées : reprenez vos esprits M. Charette!

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Les propos de notre ministre de l’Environnement, M. Benoit Charette, rapportés dans un récent article du Journal de Montréal, nous portent à croire que la création d’aires protégées, ce ne sera pas pour toutes les régions du Québec. M. Charette déclare ne pas vouloir pénaliser les régions qui vivent de la forêt mais le terme plus juste serait foresterie car vivre de la forêt, ce n’est pas seulement le fait de ceux qui la coupent.  

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Diversification économique de la forêt

Ces régions « ressources » qui sont aux prises avec une foresterie en perte de vitesse et un manque criant de diversité économique ont besoin plus que jamais de développer de nouveaux créneaux porteurs d’avenir basés sur la forêt qui est leur richesse, mais une forêt debout et protégée de la destruction. 

Plusieurs de ces régions réclament sans succès, des aires protégées depuis des années pour mettre en valeur les richesses naturelles de leur territoire et développer une industrie écotouristique prometteuse. 

Dans un contexte où l’industrie forestière génère de moins en moins d’emplois, le tourisme constitue une voie d’avenir en pleine expansion dans les régions où une partie du capital nature est préservée. 

Dans ces régions qui affichent, on ne s’en surprendra pas, un grave déficit d’aires protégées, il y a pourtant comme partout ailleurs au Québec, des écosystèmes naturels à préserver, des joyaux du patrimoine naturel du Québec à sauver, il y a des espèces fauniques en péril et il y a aussi des citoyens qui ont à cœur de protéger et de mettre en valeur le peu de nature intacte qui leur reste. 

La survie des villages

Il y a des villages victimes du déclin des activités forestières qui dépérissent depuis des dizaines d’années et qui pourraient revivre et se donner un espoir d’avenir avec une nouvelle activité économique axée sur la mise en valeur de la forêt, mais à condition que celle-ci soit préservée. 

Plusieurs demandes d’aires protégées ont pour justification la survie de petites communautés qui refusent de disparaître et qui fondent leur espoir d’avenir sur le développement durable du territoire qu’ils habitent. 

Comme vous pouvez le voir, Monsieur le ministre de l’Environnement, la création d’aires protégées est loin de provoquer la fermeture de villages, c’est plutôt tout le contraire. 

Si comme vous le dites, M. Charette, vous ne voulez pas pénaliser les régions « forestières », écoutez et répondez favorablement à leurs besoins non-forestiers parce que l’avenir de ces régions est de moins en moins dans la foresterie. 

Si vous ne voulez pas pénaliser ces régions « sacrifiées » depuis plus d’un siècle et qui ont beaucoup donné à l’économie québécoise, traitez-les avec la même équité que les autres régions du Québec et non pas seulement comme des quantités négligeables à la solde de l’industrie forestière. 

Et si vous ne voulez pas pénaliser les citoyens de ces régions qui vous ont élus, vous et votre gouvernement, respectez leurs valeurs environnementales, prenez sérieusement en compte leurs besoins de diversification économique et donnez-leur les aires protégées qu’ils réclament pour développer leur territoire à la mesure de leurs aspirations. 

Reprenez vos esprits M. Charette, vous êtes le ministre de l’Environnement et non pas le ministre de l’industrie forestière, votre mandat est de protéger la nature et non pas de protéger l’industrie forestière. 

 

Thérèse Gagnon 

Citoyenne retraitée d’une région « ressource » 

Lamarche, Saguenay-Lac-Saint-Jean

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