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Restaurants Canada supplie l’État de rouvrir les salles à manger

L’industrie canadienne de la restauration a perdu 260 000 emplois depuis février

GEN-COVID-19
Photo courtoisie Un restaurateur lors d’une manifestation visant à obtenir la réouverture immédiate des salles à manger des restaurants, en mai, dans le Vieux-Montréal.

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Sur les quelque 22 000 restaurants qu’on trouvait au Québec avant la pandémie, plus de 2700 ont maintenant fermé leurs portes à jamais, selon Restaurants Canada. 

« C’est plus qu’ailleurs au pays, où on parle de 10 % de fermetures, car il y a eu plus de confinement au Québec », estime le vice-président de cette association pancanadienne de restaurateurs, David Lefebvre. 

Afin de stopper l’hémorragie, Restaurants Canada demande au gouvernement Legault la réouverture immédiate des salles à manger, qui ont été refermées le 1er octobre « sans qu’on ait indiqué que ce sont des lieux de transmission communautaire ». 

Boucs émissaires

« On a l’impression d’être les boucs émissaires. À ce jour, la Santé publique n’a pas été capable de démontrer, chiffres à l’appui, la responsabilité des restaurants dans la transmission [du virus] », plaide M. Lefebvre. 

À l’Association Restauration Québec, on est un peu plus prudent. « Je ne conteste pas les chiffres de Restaurants Canada, mais je n’ai aucune manière de colliger des données comme celles-là », explique le vice-président, François Meunier.

  • Écoutez Pierre Thibault, président de la Nouvelle Association des Bars du Québec, à QUB radio

Et M. Meunier rappelle que le directeur de la Santé publique, Horacio Arruda, l’a souvent répété : les preuves scientifiques que les restaurants sont un lieu de propagation n’existent pas. M. Arruda a aussi souvent expliqué, poursuit-il, qu’ils sont fermés parce que ce sont des lieux de socialisation, ce que les autorités veulent éviter. 

« On a été sacrifiés sur l’autel du message à faire passer dans l’opinion publique », lance-t-il.

Aide fédérale demandée

Environ les deux tiers (65 %) des restaurants encore ouverts perdent de l’argent en raison de la COVID-19, selon le regroupement.

Restaurants Canada exige par ailleurs la création d’un groupe de travail national pour relancer le secteur de la restauration, puisque les deux tiers des restaurants encore ouverts perdraient de l’argent présentement. 

Si les conditions ne s’améliorent pas, avance l’organisation, la moitié des restaurants qui ne font pas partie d’une chaîne fermeront leurs portes d’ici six mois.

D’ici là, Restaurants Canada veut s’asseoir avec le fédéral pour penser à une solution à long terme qui permettra aux restaurants de survivre, puis de revivre. « Les mesures en place nous mènent jusqu’à l’été, il faut être certain qu’on puisse les ajuster, car nos besoins peuvent changer », dit David Lefebvre.