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Tous les coups sont permis contre les nationalistes

Palais de justice de Montréal
Photo Chantal Poirier

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Décidément, les adversaires du nationalisme québécois nous prennent pour des caves.

L’autre jour, Kyle Matthews, un « spécialiste des génocides » rattaché à l’Université Concordia, a traité Paul St-Pierre Plamondon de « Pol Pot » (le leader communiste cambodgien qui a tué 1,5 million de personnes).

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« Je ne voulais pas insulter le chef du PQ », a dit monsieur Matthews quand de nombreuses personnes (dont votre humble serviteur) ont pris la parole pour condamner cette comparaison odieuse.

Ah non ?

Monsieur l’expert voyait ça comme un compliment ?

Paul St-Pierre Plamondon devrait se sentir flatté d’avoir été comparé à l’un des pires crackpots de l’Histoire ?

Eh bien.

LOI 21 ET NAZIS

Maintenant, c’est au tour de Me Azim Hussain de nous prendre pour des valises.

Lors du « procès de la loi 21 », Me Hussain (qui se réveille au beau milieu de la nuit pour détester la timide loi sur la laïcité du gouvernement Legault) a évoqué – en anglais, of course – les lois antisémites adoptées par le régime nazi en parlant de la loi 21.

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Voici ce qu’il a dit...

« La forme que prend la discrimination existe de manière variable et nous avons vu dans l’Histoire qu’elle peut devenir de plus en plus haineuse, de plus en plus horrible. Et que la société pensait à ce point : “C’est juste ça, c’est juste des lois”, mais après, ça progresse. 

« Les lois de Nuremberg ont jeté les bases pour ce qui s’est passé plus tard. »

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N’importe quelle personne qui sait lire a compris ce que voulait dire Me Hussain : il faut se méfier de la loi 21, car comme les lois antisémites adoptées par le régime nazi, cette loi d’apparence anodine pourrait nous mener tout droit à la catastrophe. 

Hé bien, devinez quoi ?

Ce n’est pas Me Hussain qui a dit une bêtise, c’est nous qui l’avons mal compris !

Tout le monde a mal interprété ses propos — vous, moi, Mathieu Bock-Côté, Frédéric Bastien, Joël Le Bigot, Jean-François Lisée, Denise Bombardier, Joseph Facal, Gilles Proulx, alléluia ! 

On est tous dans le champ !

« Certains ont vu cela comme une équivalence entre la loi 21 et les lois de Nuremberg, a dit Me Hussain avant-hier pour calmer la controverse. Je veux être clair, une telle représentation de mes paroles est une complète distorsion de ce que je voulais dire. » 

Pourtant, quand je relis ce qu’il a dit, ça me semble clair, non ? « Les lois de Nuremberg ont jeté les bases pour ce qui s’est passé plus tard. »

Eh bien, non.

Ce n’est, semble-t-il, absolument pas ce que l’auguste avocat voulait dire. 

C’est fou comme les nationalistes sont « durs de comprenure », non ?

En plus d’être racistes et intolérants, ils sont cons comme des balais...

MAUVAISE FOI CRASSE

Hier, dans La Presse+, Yves Boisvert a écrit toute une chronique pour dire que Me Hussain a raison, et que tous les nationalistes qui l’ont injustement critiqué lui ont fait un procès d’intention.

Ah oui ? 

Il faut être sacrément naïf – ou d’une indécrottable mauvaise foi – pour penser que Me Hussain a utilisé l’analogie du nazisme sans arrière-pensée ! 

Voyons ! Allo ?

Pourquoi brandir le fantôme de Hitler, sinon pour comparer (même pas subtilement) les gens qui appuient la loi 21 aux pires fascistes ?