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Révolutionnaires et fabriqués au Québec

Les masques à fenêtre transparente des Entreprises Prémont viennent d’obtenir le feu vert de Santé Canada

Luc Girard
Photo Andréanne Lemire Luc Girard dans son usine de Louiseville, en Mauricie. Son entreprise produit actuellement entre 5 et 6 millions de masques par semaine.

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Les personnes malentendantes, et possiblement beaucoup d’autres, pourront bientôt recommencer à lire sur les lèvres des gens masqués grâce à une entreprise de Louiseville, en Mauricie. 

Après un investissement de 2 millions de dollars et quantité de tests plus tard, Entreprise Prémont a finalement obtenu le feu vert de Santé Canada pour la production de masques avec fenêtre transparente. C’est le premier fabricant canadien à répondre aux exigences de l’organisme fédéral pour ce type de masque. 

L’entreprise produit déjà 5 millions de masques chirurgicaux par semaine. Depuis avril, elle est d’ailleurs passée de 0 à 160 employés. « On fournit une partie de la réserve du Québec présentement, mais pour les masques à fenêtre, on n’a toujours pas d’entente avec le gouvernement », explique le copropriétaire d’Entreprise Prémont Luc Girard. 

Forte demande

L’homme d’affaires, qui a un enfant malentendant, ne vise pas que ce type de clientèle. Des centres de services scolaires se sont déjà montrés intéressés, dit-il, et le but est de vendre son Humask-Pro Vision aux écoles, mais aussi aux hôpitaux, aux CPE et aux services de garde ainsi qu’aux CHSLD. 

« Dans un monde idéal, tout le monde devrait avoir un masque où on peut voir au moins les expressions du visage », lance M. Girard.

Et la demande existe, assure-t-il. 

« Si ce n’est pas ici, ce sera aux États-Unis ou en Europe, où la demande est forte. On regarde même la possibilité d’installer des lignes de production là-bas. »

D’abord pour les malentendants

« Nous sommes très fébriles, car les masques opaques brisent complètement la communication », a expliqué mercredi la présidente d’Audition Québec, Jeanne Choquette. C’est à la demande de cet organisme, qui fait la promotion de l’autonomie et de l’intégration des personnes ayant des problèmes d’audition, qu’Entreprise Prémont a lancé le projet, il y a six mois.

Comme l’entreprise avait déjà automatisé sa chaîne de production, la moitié du boulot était déjà fait. « On peut produire à meilleur prix que ce qu’on trouve présentement sur le marché international », assure Luc Girard. 

Ce qui n’assure toutefois pas que les contrats avec les gouvernements d’ici viendront. « On est craintif, car nos contrats pour les masques réguliers finissent bientôt et on n’a pas eu de renouvellement encore », explique l’entrepreneur. 

Pour ce qui est des masques à fenêtre, « on devrait avoir des bonnes nouvelles dans les prochains jours », pense-t-il, car un appel d’offres public est actuellement ouvert. 

Sinon, sa production sera vendue à l’international. 

« On n’aura pas de problèmes, on n’a pas mis toute cette énergie là-dessus pour rien. »