/news/society
Navigation

Des aînés pris des mois sans ascenseur dans un édifice de quatre étages

Coup d'oeil sur cet article

Des dizaines d’aînés, dont plusieurs avec des problèmes cardiaques, respiratoires ou de mobilité, sont pris depuis près de trois mois sans ascenseur dans un immeuble de 86 logements répartis sur quatre étages à Gatineau.

L’ascenseur de l’édifice de la rue de Pointe-Gatineau est en panne de façon quasi constante depuis le 18 septembre dernier. Ses occupants résidant aux étages supérieurs se sentent donc en danger advenant une urgence, sans compter qu’ils peinent à recevoir leur épicerie et leurs médicaments, et que la buanderie et les boîtes postales sont situées au rez-de-chaussée.

«C’est dangereux, j’ai de la difficulté à voir les marches», a raconté Jeanne-d’Arc Lavigne, 71 ans, elle qui souffre de glaucome et qui doit se déplacer à l’aide d’une canne de son logement du 3e étage. «C’est épouvantable, ce n’est pas vivable», a-t-elle ajouté.

Sa voisine de palier, Jocelyne Fournier, 73 ans, indique qu’elle doit laisser ses sacs d’épicerie dans sa voiture, le temps que son fils puisse venir les monter à son appartement. Impossible pour elle de grimper 27 marches en raison de son stimulateur cardiaque.

«Je suis déménagée ici parce qu’il y avait un ascenseur, sinon je serais allée ailleurs», a précisé la dame.

Roger Bouliane, 73 ans, a décidé lui d’emménager chez son amie jusqu’à ce que l’ascenseur soit fonctionnel, plutôt que de devoir faire des allers-retours à pied du rez-de-chaussée au 4e étage. Son voisin de 84 ans n’a toutefois pas cette option.

«Je paie quand même mon loyer et tous les services, mais je ne viens plus ici que pour vérifier mon courrier», s'est-il désolé.

Aucun rabais

Les propriétaires de l’édifice, Les Immeubles E. Tassé, ont confirmé à l’Agence QMI ne pas avoir lésiné avec la situation. Ces interminables délais seraient causés par l’origine du problème, le piston du cylindre de la fosse de l’ascenseur, et la pandémie qui retarde les temps de livraison et de réparation.

«Nous sommes tous victimes de la situation, ce n’est pas jojo pour personne, a fait valoir son directeur général, Adrien LeBlanc. Nous n’avons pas traîné, car nous connaissons l’importance de l’ascenseur pour les résidents de cet immeuble.»

Vu cette absence de négligence de leur part, les proprios ne jugent pas nécessaire de baisser le coût des loyers.

Depuis le remplacement d’origine du piston à la mi-novembre, d’autres pépins se sont ajoutés à la liste de façon répétitive, notamment au niveau des panneaux de commande. Des résidents sont d’ailleurs restés coincés à l’intérieur de l’ascenseur à quelques reprises.

La compagnie Schindler était encore sur place jeudi après-midi pour tenter de trouver une solution définitive. Elle espérait que tout soit rentré dans l’ordre vendredi en fin de journée.